IDEES

Libération / Chroniques historiques

La maison brûle et nous regardons Hulot

le mardi 28 août 2018

Nicolas Hulot a tenté d’infléchir la chute sans fin dans laquelle l’homme s’est engagé. Il a perdu, il part. Restent l’imbécillité morbide des climatosceptiques et les idées faisandées des apôtres de la fausse modernité.

Un ministre de l’Environnement démissionne : pure écume, pâture pour commentateurs désœuvrés ? On ironise sur la star et ses états d’âme. Et on manque l’essentiel, cette phrase pour laquelle Jacques Chirac est entré dans l’histoire : la maison brûle, et nous regardons ailleurs.

S’agit-il bien d’un incendie, ou d’une tectonique des plaques ? L’homme, se rend-on enfin compte, est devenu une force géologique. L’anthropocène fait débat, mais elle est actée par la majorité des scientifiques de la terre et du climat : l’holocène a pris fin il y a deux siècles ou il y a cinquante ans, mais il a pris fin. C’est l’homme, désormais, qui remue, convulse et transforme, présidant à un réchauffement climatique qui, à terme, rend la terre, seule planète propre à la vie dans un rayon de quelques milliards d’années-lumière (et encore, il n’est pas certain qu’il y en ait d’autres), inhabitable pour le vivant : les espèces s’éteignent par dizaines chaque mois, et le trend économique suscite un réchauffement qui, à moyen terme, pourrait rendre la vie impossible pour la quasi-totalité des humains.

Le vocable suranné d’« histoire naturelle » reprend ainsi toute sa force. Bien loin d’être statique, la nature, découvrait-on aux [ ... lire la suite]

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