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L’écologie, le vrai changement

La lettre d’un écolo : pourquoi voter pour Eva JOLY

Cette campagne présidentielle, à une semaine de son terme, n’a permis que des débats marginaux et a favorisé les postures. Les principaux candidats ont, chacun à leur manière, fait de l’immobilisme une tactique, ou du mensonge une stratégie. Ainsi, il est de bon ton de pratiquer l’abstinence des idées ou, au contraire, d’adopter celles que l’on a méprisées durant cinq ans. Il n’y a pourtant pas de fatalité à ce renoncement démocratique.

Chacun veut décrire la campagne d’Eva Joly comme un calvaire. On a même parlé de chemin de croix. C’est vrai qu’elle n’a pas été facile. Rien ne lui a été épargné. Mais c’est quand les choses sont difficiles que nous devons nous battre pour défendre nos convictions sans baisser les bras.

Oui, il faut que Nicolas Sarkozy soit battu, et que la majorité change, mais il faut aussi un vrai changement pour notre pays. Car Sarkozy parti, les problèmes du pays demeureront entiers. Et nous devrons faire preuve d’imagination, d’audace, de courage, pour inventer une nouvelle voie.

Parce que, on a bien compris que « le changement, c’est maintenant » ; mais le vrai changement, c’est pour quand ? Pour quand la sortie du nucléaire ? Pour quand la lutte contre le réchauffement climatique ? Pour quand la préservation des espaces naturels et de la biodiversité ? Pour quand l’égalité des droits, la justice sociale ? Pour quand une autre politique internationale, et en particulier pour quand la fin réelle de la Françafrique que demande toute la jeunesse du continent noir ?

Le vrai changement, c’est l’écologie. Une transformation profonde de notre manière de produire et de consommer. Une autre manière de concevoir l’économie. Un nouveau pacte entre les citoyens et la science, pour chercher les voies d’un progrès respectueux de la nature, des hommes et des femmes. Le vrai changement, c’est le courage d’affronter la finance, sans s’excuser par avance en courant à la City dire qu’on a été mal compris.

Le vrai changement, ce n’est pas de promettre la vie en rose, c’est de construire l’avenir en vert pour faire face aux formidables défis que la planète doit affronter.

Voilà pourquoi il faut une candidate écologiste : pour défendre un vrai programme de transformation de notre société.

L’écologie n’est pas une idéologie désincarnée, c’est la proposition politique basée sur la réalité des conditions de vie sur la planète. Quand la droite et la gauche s’affrontent depuis des siècles sur l’appropriation des moyens de production, nous écologistes, questionnons la finalité même de la production : à quoi sert de produire plus si c’est pour vivre moins bien, en détruisant les équilibres naturels, la faune, la flore, l’air, la terre et la mer ?

Quand les temps sont troublés, je ne pense pas qu’il faille se contenter de se demander quelle stratégie permettra d’attirer les électeurs. Je ne crois pas qu’on ait besoin d’hommes politiques obsédés par leur reflet dans le miroir, soucieux de faire plaisir à l’opinion et obnubilés par la courbe des sondages.

Je crois que c’est le temps de la vérité et du courage. Pour cette raison, il nous faut éviter les deux maladies qui on fait tant de mal à nos idéaux lorsque la gauche était en responsabilités. La maladie de la gauche molle, et le syndrome de la gauche folle. La gauche molle a, quand elle a gouverné, cherché le chemin du consensus mais trouvé celui du renoncement. En voulant être raisonnable, elle est devenue conservatrice. Elle a attendu que les marchés lui donnent quitus de ses efforts pour devenir gestionnaire, et au final c’est le peuple qu’elle a perdu, à force de se mettre à genoux devant les forces qu’elle était censée combattre.

La gauche folle, elle, s’emballe dans l’opposition. Elle fait des grands discours et des belles promesses. Elle agite des drapeaux et convoque la mémoire des révolutions. Elle lève des espoirs immenses qui finissent en cendres et dégénèrent en frustrations encore plus grandes. Alors, si demain une nouvelle majorité remporte les élections, elle devra naviguer entre ces deux écueils pour éviter de faire naufrage.
 C’est pourquoi, plus que d’une simple alternance, nous avons besoin d’un autre chemin, celui d’une véritable alternative, que porte l’écologie politique.

L’écologie, c’est la nouvelle frontière de l’égalité, le nouveau domaine où la République doit agir pour le respect des droits des citoyens, en garantissant que la dégradation de l’environnement n’entrave pas le développement et l’épanouissement des individus. Il y a une crise économique qui nous ruine. Il y a une crise sociale qui nous écrase. Il y a surtout une crise écologique qui nous menace. Au fond, les arguments des adversaires de l’écologie se résument toujours à un seul, qu’on peut résumer à une question : « combien ça coûte ? » Mais enfin, combien nous coûtent leurs fausses certitudes, leur soumission aux lobbies de tout poil ? L’argent. Voilà ce qui les obsède. Voilà ce qui les agite. Ils voulaient posséder de l’argent, et au final c’est l’argent qui les possède.

Nous sommes les seuls à dire que nous n’avons pas le droit de détruire la planète et compromettre la vie des générations futures, que nous n’avons pas le droit de vivre sans nous demander quelles sont les conséquences de nos modes de vie, que nous n’avons pas le droit de poursuivre dans la folie nucléaire.

Nous avons déjà écrasé nos enfants sous le poids de la dette monétaire : les gouvernements qui se sont succédés ont laissé le système financier prendre le pouvoir et viennent nous dire maintenant : « votez pour nous, nous saurons gérer la crise que nous avons créée ».

Mais aujourd’hui, nous obligeons aussi nos enfants à payer la dette écologique. Et cette dette-là, la dette écologique, ne peut pas faire l’objet d’un échéancier. La nature nous présente déjà la note avec l’explosion des maladies liées à nos modes de vie, la pollution des océans, de l’air et de la terre, qui touchent notamment les plus modestes d’entre nous.

Si Eva Joly tient bon, ce n’est pas par entêtement. Ce n’est pas l’orgueil qui la pousse, mais la conscience des responsabilités. Elle parle bas. C’est son style. Elle fait peu de promesses. C’est sa fierté. Elle parle d’efforts à faire. C’est sa vérité.

Elle ne nous dit pas que demain, comme par magie, nos problèmes disparaîtront si vous votez pour elle. Elle ne raconte pas de bobards. La démagogie est pour elle une langue étrangère.

Elle n’a ni le verbe tonitruant de Jean-Luc Mélenchon, ni l’art de la synthèse de François Hollande. Elle n’a pas, comme François Bayrou, la certitude d’être née pour accomplir un destin. Elle n’a pas reçu la haine en héritage comme Marine Le Pen et l’ambition ne guide pas chacun de ses pas comme Nicolas Sarkozy.

Sa détermination, elle la tire du parcours de toute une vie, des leçons qu’elle a apprises de l’existence, de fille au pair à députée européenne, en passant par sa carrière de juge d’instruction où elle a pu démontrer ses qualités.

« Rien de grand ne se fait sans courage, rien de juste ne s’accomplit sans résistance » dit-elle si justement.

Alors plus la campagne est dure, plus je me dis que sa candidature est nécessaire.

Contre les sirènes du vote utile, je veux défendre avec Eva Joly le vote juste. Celui qui anticipe les problèmes que nous aurons à résoudre, si demain une nouvelle majorité conduit les affaires de notre pays.

Je refuse de laisser croire que seul compte la défaite de Nicolas Sarkozy. Bien sûr, sa présidence fut calamiteuse pour le pays, dangereuse pour nos valeurs. Je n’ignore pas davantage que sa « France forte » n’est forte qu’avec les plus faibles, et qu’elle est tellement faible quand il s’agit de s’attaquer aux plus forts.

Mais il ne faut pas qu’il laisse comme cadeau empoisonné au pays l’obsession de sa personne. Le « tout sauf Sarko » n’est pas une solution. En 2007, le vote tactique utile au 1er tour n’a pas suffit pour le battre, au vu de l’absence de réserves de voix pour le 2ème tour notamment.

Alors transformez plutôt votre bulletin de vote en messager de l’avenir. Et posez-vous la bonne question : « quelle force politique est la plus capable de proposer des solutions nouvelles pour le pays ? »

L’avenir est entre vos mains, avec votre bulletin de vote…

Ne laissez pas tout le pouvoir aux forces du passé. Osez les nouvelles solutions, celles du mieux vivre vers une société écologique (http://eelv.fr/le-projet-2012-definitif/).

Faites le choix du courage, par un vote vraiment utile, le vote juste : Eva Joly !

Voir en ligne : le blog de l’auteur de cette lettre