Euro députés VERTS/ALE

Eurodéputés VERTS/ALE

La controverse sur la résolution sur le changement climatique (COP 15)

Suite au vote des eurodéputés VERTS/ALE sur Résolution du Parlement européen sur la stratégie de l’Union européenne dans la perspective de la Conférence de Copenhague sur le changement climatique (COP 15) le 25 novembre 2009, une controverse vient d’avoir lieu entre différents courants de la galaxie écologiste.

Après le communiqué de presse de "Sortir du nucléaire" et celui du mouvement politique "Utopia", demandant aux eurodéputés VERTS/ALE de revenir sur leur vote, ces derniers, face à l’émotion suscitée, donnent une explication sur leur vote.


"Sortir du nucléaire" demande aux eurodéputés d’Europe écologie de revenir sur leur vote en faveur d’une résolution favorable au nucléaire

Seul José Bové n’a pas voté ce texte (ainsi qu’un autre eurodéputé qui était absent)

Le Réseau "Sortir du nucléaire" demande aux députés européens d’Europe écologie de faire le nécessaire pour rectifier leur vote en faveur d’une résolution, adoptée par le Parlement européen le 25 novembre 2009, qui est favorable à l’énergie nucléaire. (Cf http://bit.ly/5PpHjX )

Dans le groupe Europe écologie, seul José Bové (et Pascal Canfin qui était absent) n’a pas voté cette résolution qui affirme en particulier : "Une économie à faible intensité de carbone conférera à l’énergie nucléaire un rôle important dans le bouquet énergétique à moyen terme."

Certes, dans un premier temps, le texte ne comportait pas ce passage qui a été ajouté par amendement proposé par le PPE (la droite européenne), amendement contre lequel les députés européens d’Europe écologie ont voté.

Mais les eurodéputés d’Europe écologie, à l’exception notable de José Bové, ont voté ensuite pour la nouvelle version du texte, contenant l’amendement favorable à l’énergie nucléaire sous prétexte de "sauver" la planète face au péril climatique.

Alors que, dans la préparation du sommet de Copenhague, les autorités françaises multiplient en coulisse les manœuvres en faveur du nucléaire, le vote de cette résolution par la quasi-totalité du groupe Europe écologie est une faute politique qui doit être rectifiée au plus vite.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" continue d’animer la campagne internationale "Don’t nuke the climate" (http://www.dont-nuke-the-climate.org ) dont le point d’orgue sera le 12 décembre avec de multiples manifestations dans de nombreuses villes et à Copenhague même.


Mouvement Utopia www.mouvementutopia.org

33 rue Falguière, 75015 Paris

Communiqué du 1er décembre 2009

de Téhéran à Copenhague... en passant par Bruxelles,
Nucléaire : la route du pire soutenue par les eurodéputés !
Alors même qu’à Téhéran, Ahmadinejad annonce le 29 novembre le développement des sites
d’enrichissement d’uranium démontrant la fuite technologique possible entre nucléaire civil et
militaire, les députés européens sous couverts de caution climatique, votent à une large majorité
une résolution visant à soutenir le « rôle important de l’énergie nucléaire dans le bouquet
énergétique à moyen terme » présenté comme un facteur positif vers « une économie à faible
intensité de carbone ».

Cette résolution voté majoritairement par les députés, y compris ceux d’Europe Ecologie au prétexte
du « compromis politique », est à la fois inefficace en matière de lutte contre les GES et dangereuse
par la caution politique qu’elle apporte au nucléaire.

Inefficace car quelle que soit l’importance du développement mondial de la part du nucléaire dans
la production d’énergie, la substitution de l’énergie fossile par le nucléaire ne pourra qu’être infime
et son impact insignifiant, au regard du bilan énergétique réel du nucléaire et au vu des objectifs
fixés par le GIEC.

Dangereuse car ce faible pourcentage de production énergétique ne pourra être obtenu qu’avec un
développement massif d’une technologie dont l’exploitation est non seulement à risque, génératrice
de déchets, mais également susceptible d’une exploitation militaire comme nous le démontre
aujourd’hui le conflit diplomatique avec l’Iran.

Inefficace car le coût d’investissement nécessaire au développement de cette technologie
compromet le développement des technologies propres et sans risques,
Dangereuse car cette option rend impossible une exploitation locale et citoyenne de l’énergie quel
que soit le régime politique ou le niveau de développement des pays.

Le mouvement Utopia

- considère que le vote de cette résolution est un signal dangereux adressé à la communauté
internationale avant Copenhague et demande aux députés, notamment ceux d’Europe
Ecologie, de rectifier leur vote afin de le mettre en cohérence avec leurs positions historiques
en matière d’énergie nucléaire.

- rappelle la nécessité de mettre prioritairement en avant l’efficacité énergétique, la sobriété et
le développement des énergies renouvelables seules à même de répondre au défi mondial
que représente l’objectif d’une réduction des émissions des GES de 45% en 2020 et de 95%
en 2050.

- dénonce tous les compromis politiques susceptibles d’entretenir l’illusion qu’une adaptation
du système est possible pour sauver le climat et rappelle l’urgente nécessité d’un
dépassement du capitalisme en soutenant notamment les initiatives locales et internationales
menées à l’occasion du sommet de Copenhague autour du mot d’ordre « changeons de
système pas de climat » !


Les eurodéputés VERTS/ALE

Face à l’émotion suscitée par le vote des députés européens du groupe Verts/ALE sur la résolution sur le sommet de Copenhague le 25 novembre dernier, il nous semble important de remettre les choses en perspective et d’expliquer les raisons de ce vote. Nous ne sommes évidemment pas devenus - qui pourrait d’ailleurs sérieusement le croire - des partisans du nucléaire ; nous sommes au contraire toujours le seul groupe unanimement anti-nucléaire au sein du Parlement européen, comme les votes sur cette résolution le démontrent.

Lors de ce vote, nous avons eu un choix à faire. Comme souvent au Parlement européen, où tous les groupes politiques sont parties prenantes dans les négociations, nous nous sommes retrouvés face à un texte final dans lequel nous avions obtenu des points positifs et d’autres sur lesquels nous avions perdus. En l’occurrence, nous avions sur ce texte obtenu énormément d’avancées, en faisant le mandat quasi parfait pour l’Europe à Copenhague : obligation d’un accord international contraignant d’ici la fin de l’année, objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre domestiques proche de 40% d’ici 2020, soutien aux pays du Sud d’un minimum annuel de 30 milliards d’euros en supplément de l’aide public au développement font, entre autres, de ce texte le seul mandat de négociation compatible avec la science et la responsabilité de l’Union européenne.

Si cette résolution est aussi ambitieuse, et si elle constitue l’un des meilleurs mandats au monde pour Copenhague, c’est grâce à l’acharnement et au travail des députés du groupe des Verts/ALE, dans toutes les commissions parlementaires, qui, lors de la négociation préparatoire, ont réussi à arracher tous les points positifs un à un, et à rejeter tous les points négatifs que certains tentaient de faire passer.

Mais il y a eu ce fameux amendement du groupe PPE (dont font partie les députés UMP) en faveur du nucléaire, malheureusement adopté grâce au soutien de la droite et de quelques voix à gauche, comme celles de Jacky Hénin et de Marie-Christine Vergiat du Front de gauche. Nous nous sommes évidemment unanimement opposés à cet amendement. Quelques secondes plus tard, notre amendement demandant l’exclusion du nucléaire du Mécanisme de développement propre et de tout mécanisme de soutien aux pays du Sud, fût rejeté, là encore par tous les députés de droite et quelques voix de gauche dont Jacky Hénin et Jean-Luc Mélenchon.

Nous aurions alors bien sûr pu faire le choix de l’abstention pour marquer notre désapprobation face à cette réintroduction du nucléaire dans un texte où il n’avait rien à y faire. Il s’agit en effet d’une résolution qui traite d’abord du contenu d’un bon accord pour Copenhague, pas du mix énergétique de l’UE. Cet amendement est un mauvais coup porté par la droite qui avait de plus perdu sur ce point lors du vote en commission parlementaire.

Le groupe des Verts/ALE, qui avait anticipé cette situation la veille lors de sa réunion de groupe, a estimé plus efficace politiquement de soutenir le texte final afin que la délégation officielle du Parlement européen qui se rendra à Copenhague puisse s’appuyer sur une résolution très largement soutenue pour porter les très bonnes dispositions rappelées ci-dessus. De plus, face aux ambiguïtés et aux tergiversations des Etats membres et du Conseil dans la préparation de Copenhague, il nous a semblé important d’affirmer la position du Parlement européen.

Il ne s’agit pas d’un texte qui engage la politique énergétique de l’Europe pour les 50 prochaines années mais d’une position politique à usage immédiat et limité dans le temps, celui du sommet de Copenhague. Par ce vote, nous n’avons pas proclamé le nucléaire comme solution pour faire face aux changements climatiques, nous n’avons pas décidé de la construction d’un nouvel EPR ou incité les Etats membres de l’UE qui n’ont pas recours au nucléaire à le faire. Il est évident que nous aurions voté contre si l’adoption de ce texte avait pu avoir une quelconque conséquence concrète sur le recours au nucléaire.

Notre mobilisation contre le nucléaire et toute tentative visant à le promouvoir, que personne n’en doute, reste évidemment sans faille. Tous les membres du groupe des Verts/ALE sont des anti-nucléaires notoires que l’utilisation d’un vote sorti de son contexte ne saurait remettre en cause.

Amitiés,

Les députés européens Europe Ecologie, du groupe Verts/ALE

François Alfonsi - Sandrine Bélier - Malika Benarab-Attou - Jean-Paul Besset- José Bové - Pascal Canfin - Daniel Cohn-Bendit - Karima Delli - Hélène Flautre - Catherine Greze - Yannick Jadot - Eva Joly - Nicole Kiil-Nielsen - Michèle Rivasi

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