le blog-notes

LEURRE

LEURRE, nom masculin, 2. Fig. Artifice, subterfuge dont on se sert pour tromper quelqu’un. (dictionnaire de l’Académie Française, 9ème édition)

Après 11 réunions publiques, le débat public, organisé par la Commission Particulière du Débat Public (CPDP) Castres-Toulouse, présidée par Mme Danielle BARRES, sur l’achèvement de la mise en 2X2 voies de la liaison Castres-Toulouse par mise en concession autoroutière vient de se terminer.

De Castres à Verfeil, en passant par Brassac, Revel et Lavaur, pendant 3 mois, les citoyens du sud du Tarn, et d’ailleurs, ont pu participer à ce débat. Plus ou moins librement, plus ou moins organisés, plus ou moins encadrés, plus ou moins inspirés.

L’important est là : le débat a eu lieu. Avec regret pour les uns, avec satisfaction pour les autres.

Même si certains, à droite mais aussi à gauche, ont tout mis en œuvre pour faire croire qu’il avait déjà eu lieu. Propagande.

Place maintenant à la rédaction du compte-rendu, par les membres de la CPDP, en toute neutralité, sans prise de position, de l’ensemble des arguments développés. Compte-rendu qui sera publié d’ici deux mois.

Si le débat public est clos, la propagande, elle, continue.

Etonnant de lire dans l’éditorial d’un magazine municipal[1], paru après l’ultime réunion publique, celle de Verfeil du 28 janvier 2010, que le « oui l’emporte largement dans le débat public ». Rien, au vu de la teneur de l’ensemble des réunions, ne permet une telle affirmation. Dès la première réunion, à Castres, le 21 octobre 2009, le ton était donné : sur les 30 interventions, la moitié était pour l’autoroute concédée, l’autre moitié s’opposait à ce projet. Nous sommes loin de « l’écrasante majorité d’opinions favorables » au projet autoroutier Castres-Toulouse.

A moins de considérer que l’applaudimètre orchestré a valeur de sondage, voire de référendum. Réduire la démocratie -participative, citoyenne- aux fadaises médiatiques de la Star Ac’ laisse peu de place au respect pour les centaines de citoyens ayant participé à ce débat public.

Toujours dans ce magazine municipal, à la rubrique « Tribune Libre », réservée à l’expression des quatre groupes politiques constitutifs du conseil municipal, retour, à nouveau, pour le groupe Majorité municipale, sur le projet autoroutier[2]. Propagande encore, avec l’artifice spécieux de toute désinformation : le leurre informationnel.

Il s’agit tout simplement de faire croire aux lecteurs que les opposants au projet autoroutier seraient d’indécrottables hurluberlus proposant « un tracé alternatif qui aurait relié Castres à Toulouse par Guitalens, Saint-Paul Cap de Joux et Lavaur ». Le tout avec « viaduc pour franchir l’Agout, de créer un ouvrage d’art par-dessus la voie ferrée, de construire des rocades … ».

Miroir aux alouettes. Pipeau politicien. Chanterelle démagogique. Faux débat.

Car le vrai débat a eu lieu, tout au long de ces trois mois, tout au long de ces 11 réunions publiques.

L’autre alternative, la vraie, celle du débat public, ne passe pas par Guitalens, Saint Paul Cap de Joux et Lavaur, mais s’inscrit dans un aménagement raisonné de la RN 126 - qui, elle, passe par Soual, Puylaurens, Cuq-Toulza - prenant en compte la sécurité et les réels besoins de notre région en respectant l’environnement, articulant équipements structurants pour les transports collectifs, préservant les terres agricoles. Une alternative qui assume les impératifs incontournables d’un XXI siècle durable. (voir le site du collectif RN 126)

D’ici juin, le gouvernement, suite au rapport de la CPDP Castres-Toulouse, prendra une décision. Sa décision sera politique. Obligatoirement politique.

D’ici là, courant mars, les citoyens du sud du Tarn, lors des élections régionales, choisiront eux aussi une orientation politique. A eux de faire le bon choix.

[1] Castres Magazine, n°163, du 1 au 15 février 2010 [2] Fait rarissime, la Majorité municipale n’utilise pas sa tribune pour répondre à celles des autres groupes minoritaires (Bolegason, Centre d’Art Contemporain, et Père-Noël).