hebdo de BENOIST

L’Apocalypse selon Saint Pascal

Le déroulement des campagnes présidentielle et législatives pourrait nous faire oublier les enjeux locaux. Il n’en est rien, et la majorité municipale est là pour nous rappeler au besoin à quel point il nous faut rester vigilants face aux contre-vérités qu’assènent de manière répétée Pascal BUGIS et son équipe. Je parle ici bien évidemment de son équipe de communication. Car depuis la lecture du dossier paru il y a peu dans l’hebdomadaire l’Express, on sait que le maire de Castres assume sans aucune difficulté de ne pas laisser la paroles aux membres de sa majorité. Fidèles lecteurs de l’écoloCASTRES, vous n’aviez cependant pas attendu cet article de qualité et au final fidèle à la réalité politique de notre ville, pour vous convaincre de l’isolement croissant de Pascal BUGIS : il n’est qu’à reprendre l’ensemble des éditoriaux qui lui ont été consacrés ici.

J’aimerais revenir sur le dossier du parc naturel régional du Haut-Languedoc. Je n’aborderai pas ici le devenir des communes exclues du parc, contre leur volonté, par le vote des élus castrais de la communauté d’agglomération. La justice a été saisie par différents acteurs de ce dossier, et on ne peut que regretter de voir comment l’attitude du maire de CASTRES va, une fois de plus, amener des tribunaux à trancher ses errements politiques. Je souhaite aborder ici la manière dont Pascal BUGIS a motivé sa position auprès des Castrais. La première salve a été tirée dans le n°204 du CASTRES magazine, en date du 20 février. À l’occasion du renouvellement de la charte, les élus du Parc auraient souhaité imposer, dans « l’opacité » la plus totale, des règles contraignantes à la ville de Castres, en matière d’urbanisme et de développement de l’éolien industriel. La salle où se réunit le conseil de la CACM ne peut accueillir qu’un public restreint. C’est bien dommage, tant on aurait souhaité qu’une assistance plus large ait pu entendre, comme nous, ces quelques vérités, lors du débat du 6 février dernier. Comment se fait-il que les représentants de la ville de CASTRES n’aient pas assisté aux nombreuses réunions organisées pendant des mois pour discuter du contenu de la charte ? Comment se fait-il que le président de cette même CACM (et maire de Castres) ait refusé de manière répétée d’inscrire à l’ordre du jour du bureau de la CACM la question du contenu de la charte ? Ça, c’est pour l’opacité. Pourquoi ce même président n’a-t-il pas pris acte du document - pourtant travaillé avec l’un de ses adjoints – qui montrait qu’il n’y avait aucune incompatibilité entre les règles d’urbanisme du parc et celles en vigueur à CASTRES ? Ça, c’est pour la dimension le parc va nous imposer ses règles d’urbanisme. La conclusion de cette tribune appelle enfin quelques réflexions : « à tous ceux, à droite comme à gauche qui aujourd’hui nous clouent au pilori à défaut de pouvoir nous clouer le bec, nous redisons que nous n’accepterons jamais de nous faire dicter nos choix. Les menaces, les pressions, le chantage, le tapage médiatique n’y pourront rien changer : notre choix, c’est CASTRES ». Première remarque : nous aussi, nous faisons le choix de CASTRES, et nous n’avons qu’une préoccupation, celle du devenir de cette ville. C’est bien pour cela que nous sommes intervenus avec autant de force pour dénoncer l’attitude de Pascal BUGIS dans ce dossier. Seconde remarque : clouer le bec au maire de CASTRES, c’est bien la dernière chose que nous souhaitons faire. Bien au contraire, nous souhaitons qu’il parle, qu’il s’explique enfin – une fois les écrans de fumée dissipés – sur les vraies raisons qui l’ont poussé à isoler ainsi notre ville.

Un mois plus tard, dans le n°206 du même magazine, daté du 19 mars, Pascal BUGIS décide d’enfoncer le clou, en développant ce qui constitue le cœur de son argumentation : par son attitude courageuse, il aurait empêché la Montagne noire de se couvrir d’éoliennes. Pour appuyer son propos, il a même recours à un procédé digne, au mieux, de la presse people, au pire, des régimes politiques les plus antidémocratiques : le photomontage. Le procédé a dû lui sembler efficace, puisqu’il a repris la même image dans le dernier exemplaire du magazine de la CACM, Pôles sud. Derrière le centre hospitalier, une myriade d’éoliennes apparaissent. La légende est on ne peut plus explicite : « Ceci est un photomontage (au cas où on aurait eu un doute). C’est aussi un cauchemar. Qui ne doit en aucun cas pouvoir devenir réalité ». On le sait, Pascal BUGIS aime, à l’occasion, renvoyer en conseil municipal nos camarades du Front de gauche aux heures les plus sombres du régime stalinien, à travers des interpellations du style : « on est à CASTRES ici, pas en URSS ». La propagande stalinienne excellait à faire disparaître des visages des photographies, et à modifier ainsi le passé. Celle de Pascal BUGIS adore au contraire ajouter des éléments et modifier ainsi le futur. Non, c’est vrai, CASTRES, ce n’est vraiment pas l’URSS...

Le problème, c’est que ce photomontage, au-delà du caractère scandaleux du procédé, dévoile au final la vérité qu’il voudrait masquer : quoiqu’en disent les maires de CASTRES et de MAZAMET, la charte du PNR est une garantie contre la prolifération des éoliennes industrielles. Faire exploser le parc, exclure les communes de la Montagne noire, c’est précisément se priver de cette garantie, et donc prendre le risque inconsidéré de se retrouver avec les éoliennes qu’on était sensé combattre...

C’était l’ « Apocalypse selon Saint Pascal ». La semaine prochaine, nous ferons sonner d’autres trompettes, à propos d’un dossier tout aussi crucial pour l’avenir de notre territoire : celui du projet d’autoroute concédée vers TOULOUSE. Ce sera l’ « Apocalypse selon Saint Bernard ».