le blog-notes

HULOT, l’autre Nouveau Monde

" Parler de liberté n’a de sens qu’à condition que ce soit la liberté de dire aux gens ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre. " George ORWELL
  • On s’évertue à entretenir, voire à réanimer, un modèle économique marchand qui est la cause de tous ces désordres.
  • L’enjeu écologique, c’est un enjeu culturel, sociétal, civilisationnel et on ne s’est pas du tout mis en ordre de marche pour l’aborder comme cela.
  • Alors que la situation universelle, au moment où la planète devient une étuve mérite qu’on change d’échelle, qu’on change de scope, qu’on change de paradigme.
  • Les grandes tendances demeurent : la remise en cause d’un modèle agricole dominant n’est pas là ; on recherche une croissance à tout crin sans regarder ce qui appartient à la solution et ce qui appartient au problème.
  • Dans cette équation impossible des critères maastrichtiens sur un plan budgétaire, est-ce qu’on essaie un peu d’être disruptif pour investir dans la transition écologique ; est-ce qu’on s’est autorisé à essayer de sortir un petit peu de l’orthodoxie économique et financière.
  • La responsabilité, elle est collégiale, elle est collective, elle est sociétale.
  • Je ne veux pas donner l’illusion que ma présence au gouvernement signifie qu’on est à la hauteur sur ces enjeux-là.
  • Sauf à basculer, ce que peut être j’allais devenir, cynique, et finir par avoir une sorte d’indifférence sur les échecs. Je me suis surpris parfois par lassitude à baisser les bras et à baisser mon seuil d’exigence. Là, je me suis dit que c’était le moment d’arrêter.

Nicolas HULOT, France Inter, mardi 28 août 2018

A petits pas vers le grand saut. Quand un environnementaliste se rend compte que l’écologie ne peut être que politique : à l’ère de l’Anthropocène le quotidien n’est plus l’urgence ; l’urgence, au quotidien, c’est l’avenir. Voilà, brièvement, ce qu’on doit retenir des propos de Nicolas Hulot, ex-Ministre d’Etat.

Toujours fidèle à « l’union nationale » qui devrait faire de l’écologie la priorité de tous, responsables et partis politiques, société civile, citoyens, Nicolas HULOT prend acte pour autant que l’individualisme méthodologique du néolibéralisme n’est rien d’autre que l’accaparement du pouvoir par les intérêts privés à travers la présence et l’influence des lobbies au sein même des institutions politiques. Loin des soi-disant « états d’âme récurrents » que certains veulent aujourd’hui lui faire endosser, sortir de la « mystification » des incohérences voulues, entretenues et imposées est devenu une priorité et c’est en homme libre qu’il refuse "de se mentir à lui-même" et "de s’accommoder de la gravité". Démission.

"Changer de grille de lecture " et "changer de paradigme" nous a-t-il dit. Il se doit donc, et nous avec lui, de méditer les mots de l’éditorialiste de Libération, Laurent JOFFRIN : « On dit que l’écologie est neutre, qu’elle s’impose à tous les partis. C’est une vaste blague. Elle implique au contraire la conduite collective du développement, la coordination intime du privé et du public. Par nature, la lutte pour la nature est socialisante. Le macronisme cherche à concilier laisser-faire et écologie. C’est un oxymore politique, une faille philosophique. »

CAZOTTES Jean-Marc, le jeudi 30 août 2018

Voir en ligne : Démission de Nicolas HULOT / La vidéo intégrale de l’émission radiophonique