REGIONALES 2010

Gérard BASTIDE, candidat Europe Ecologie

"Pourquoi est-on militant, engagé dans un- ou des- combats ? La question est compliquée et en fait, je ne me la suis jamais vraiment posée.

J’ai l’impression que ça fait partie de mon job ici-bas (aucune résonance mystique dans ce que je dis ) comme l’arbre fait des feuilles et que le ruisseau coule vers l’embouchure. Un peu court ? Bon, disons alors que je ne serais pas vraiment passager de la planète Terre, écocitoyen si tu veux, si je n’essayais pas un tant soit peu de faire partager les idées auxquelles je crois.

Pas vraiment du prosélytisme, mais du bon sens (ce que je crois être mon bon sens ) appliqué à la vie ici et maintenant. Je suppose que mes parents m’ont donné tout môme cet appétit de grand air, de montagnes, de vie saine à la campagne (même s’ils ont toujours été des prolos urbains ). Je suppose aussi que j’avais la fascination pour la vie : il parait qu’il suffisait de me laisser à midi au bord de la plage à observer un crabe, on était sûr de me retrouver au même endroit pour goûter !
Et pui j’ai pris Mai 68 de plein fouet : liberté, indépendance, mais aussi rigueur et autodiscipline (tu te souviens, "anarchie, l’ordre moins le pouvoir" )

Bref, j’ai complètement adhéré au propos de Dumont, voté écolo en 74 et puis j’ai été élu à mon tour conseiller municipal écolo en 77. Le programme commun.La préhistoire. Bon, je vais pas te refaire toute l’histoire, surtout la mienne, ça n’a guère d’intérêt, mais j’estime que je n’ai jamais changé quarante ans après. Trajectoire politique plate. On me retrouve là où on m’a laissé. Comme pour les crabes. Pas tout à fait cependant : entretemps, il s’est écoulé une génération. A l’époque, les problèmes qu’on soulevait faisaient marrer tout le monde, inoffensifs on était, on passait pour des allumés dans nos masures en campagne (j’y suis toujours après tant d’années ) mais voilà qu’on est rattrapés par l’histoire, les problèmes sont devenus si aigus et si évidents que plus personne ne songe à les nier. Sauf que le tsunami de la désespérance sociale a rejoint la grande marée du pillage écologique, que les aspects les plus cyniques de l’hypercapitalisme s’appuient désormais sur un fascisme soft à bas de grignotage des libertés, de xénophobie décomplexée et de matraquage publicitaire.

Je crois qu’on n’a jamais été aussi mal. Et tu voudrais qu’on essaie pas de secouer le cocotier ? qu’on baisse les bras ? mais Diù me damne, c’est le moment où jamais de se bousculer, de secouer les puces de ce vieux monde malade de trop et de pas assez.

Oui, je crois-c’est peut-être mon défaut- je crois encore à la capacité des femmes et des hommes de bonne volonté à choisir un destin qui leur ressemble et pour permettre à nos enfants à leur tour de choisir le leur..."

Gérard BASTIDE, le 13 février 2010,

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