hebdo de BENOIST

Franchir le pas

En démocratie, il est naturel pour celles et ceux qui portent des idées et un projet, de pouvoir les présenter à la population, et de le soumettre à leurs suffrages. Il faut donc savoir s’autoriser à assumer ce que l’on est, et ce que l’on pense.

Il est des soirs où l’on se prend à être surpris de ce qui se produit, où l’on voit émerger un mouvement qu’on sentait naître, appuyé sur une demande, déjà présente, mais qui n’avait pas encore réellement trouvé à s’exprimer. Il est des moments où l’on voit poindre un aboutissement, qui peut apparaître logique après coup, mais qui n’avait pourtant rien d’évident au départ. Ce qui s’est passé jeudi soir, lors de la réunion publique que nous organisions avec les Alternatifs et le Parti de Gauche, appartient à ce genre de moments. La décision que nous avons prise collectivement de monter une liste pour les élections municipales de mars prochain à Castres est née de cette rencontre, des débats qui l’ont animée, d’une volonté majoritaire qui s’est progressivement révélée. Comme me le disait une participante à la sortie de nos discussions, « ce n’était vraiment pas une réunion politique comme les autres ! ». C’est peut-être par là que ça commence, faire de la politique autrement. Accepter que les discussions, au moins dans un premier temps, puissent partir un peu dans tous les sens. Accepter que différents points de vue puissent s’opposer, toujours dans le respect de la parole et du positionnement de l’autre. Pour, au final, aboutir à un choix collectif, que nous avons pris en toute responsabilité. Un choix qui nous engage.

Je l’écrivais la semaine dernière, nous nous devons inventer de nouvelles manières de faire de la politique, si nous voulons nous donner une chance de sortir de la crise du militantisme et de la représentation que nous connaissons. Cela fait trente ans que nous subissons les effets d’une crise à la fois économique, sociale, et aujourd’hui écologique. Mais les origines de cette crise sont avant tout politiques : c’est bien parce que les gens ne croient plus en la politique, en notre capacité collective à provoquer le changement, c’est bien parce qu’ils ne veulent plus s’engager pour l’assurer, que nous sommes depuis trente ans confrontés à un sentiment de résignation toujours plus grand.

Ce que nous avons dit jeudi, entre autres, c’est que le temps n’est plus aux alternances. Particulièrement à Castres, où la gauche n’a pas su dépasser se réinventer. Renouvellement des personnes, renouvellement des pratiques, renouvellement des idées : ce triptyque, nous devons et nous allons le mettre en œuvre dans les semaines qui viennent. Car au final, ce qui m’a décidé à me lancer pleinement dans cette aventure, c’est bien la certitude que nous allions pouvoir faire venir à la politique de nouvelles personnes, une nouvelle génération qui aspire à de nouvelles pratiques pour dépasser le fonctionnement sclérosé des rapports de force politiques traditionnels. De nouveaux visages qui sauront, d’ici mars, exprimer et donner un contenu au besoin d’alternative qui s’exprime sur notre ville.

Ce n’était pas évident de franchir le pas. Mais c’était nécessaire. Si vous souhaitez prendre votre place dans ce mouvement citoyen vers l’alternative, le prochain rendez-vous est fixé mercredi prochain, 22 janvier, à partir de 21 heures, à la maison des associations. Nous vous y attendons.