Edito de STEPHANE

France-Allemagne : France Insoumise marque contre l’Europe

Deux informations le même matin à propos de l’Allemagne, l’une triviale, c’est du sport, l’autre profonde, on parle de l’Histoire des peuples, de l’Allemagne, et donc de la France. Ces deux nations ont un passé commun au sein de l’Europe qu’il ne faudra jamais oublié. La construction de l’Union européenne a été une des garanties de la paix, de générations de femmes et d’hommes qui ont entendu parler de la guerre, dans les familles, mais qui n’ont jamais eu à en souffrir. La jeunesse a été impliquée dans ce travail de lente construction de la paix, avec les échanges linguistiques. D’Allemagne, tous les jeunes gens français sont revenus depuis des dizaines d’années enchantés. Lors de la dernière coupe de monde de foot, la jeunesse française a pu s’identifier à la belle équipe d’Allemagne qui a superbement gagné et à son gardien Neuer, un roc.

Le même matin, on apprend les propos des responsables de la France Insoumise sur la défaite de l’équipe de foot d’Allemagne. Ils y ressassent les vieilles lunes de 1982. « Battiston est enfin vengé » ?! Après une longue attente, Bastien Lachaud, député FI, tient enfin sa vengeance, un plat qui, dit-on, se mange froid. Cela provoque « une joie pure » à JL Mélenchon, qui assimile une équipe de foot à la politique de son pays. Et quand E Bompart parle de « dégagisme » à propos de l’équipe d’Allemagne, imagine-t-il les supporters coréens lancer des chaussures sur le terrain, comme le firent les Egyptiens pour dégager le despote Moubarak ?

Le même matin, les journaux relataient l’entrée de Simone Veil au Panthéon. Son histoire est bien connue, c’était l’occasion de la rappeler. De retour des camps de la mort, organisés par l’Allemagne nazie, elle sera une des instigatrices de la plus grande œuvre du rassemblement de peuples ennemis et déchirés jusqu’à l’extrême. L’anecdote raconte que quand elle travaillait avec certains responsables allemands, elle se posait la question de savoir quel avait été leur rôle pendant la guerre. Lutter contre sa propre haine, pour se grandir et accompagner l’Autre dans son inéluctable changement, avoir cette conviction chevillée au corps au-delà de souffrances irréparables. C’est cette femme qui s’est libérée des démons de l’histoire qui entre au Panthéon, l’honneur de la France et de l’Allemagne, la grandeur d’âme que nous devons cultiver pour continuer à construire l’Union Européenne.

Stéphane DELEFORGE, EELV Castres