REGIONALES 2010

Europe Ecologie Midi-Pyrénées : le programme

Les 3 grands axes programmatiques.

ANTICIPER ENFIN

Les drames de tous les jours démontrent que la pratique politique traditionnelle est marquée par l’incapacité de prévoir à moyen et long terme. Les "décideurs" ne font que subir les problèmes et sont réduits à en accompagner les dégâts… dans l’attente de la crise suivante. Construire une éco-région, ce n’est pas se contenter de colmater des brèches mais, au contraire, se poser d’abord la question du "souhaitable", du "possible" et du "soutenable". Cela invite donc à identifier en amont les potentiels inutilisés et les faiblesses masquées de nos territoires, et se servir des premiers pour remédier aux autres alors qu’il en est encore temps. Et cela conduit aussitôt à repenser toutes les politiques structurelles (emploi, agriculture, transport, énergie, formation, économie...) non plus en les juxtaposant, mais en les mettant en synergie cohérente dans une exigence de solidarité qui n’oublie pas les générations futures. En rupture totale avec la logique de soumission mondialisée, nous entendons faire de chacune de nos décisions un acte de reprise en main de notre quotidien. Chaque dépense publique devra être pensée non en termes de saupoudrage opportuniste, mais comme un investissement sur le futur, avec une moisson de bien-être à partager entre tous. À ce titre, les critères d’utilité sociale et environnementale guideront nos interventions, tandis que la pédagogie sera au cœur de nos propositions. La région doit devenir un lieu d’imagination, de régulation et d’impulsion, ou le volontarisme se conjuguera avec le raisonnable, et la sobriété avec l’épanouissement.

REORIENTER VRAIMENT

Vous avez dit changement ? Pour lutter contre la précarité qui menace désormais chaque famille, il faut dépasser les slogans creux que l’on nous inflige. Car on ne peut envisager de briser les inégalités et de redonner à chacun une place active et digne, sans rompre fondamentalement avec la course aveugle aux profits de court terme d’une pseudo croissance dévastatrice. Sur le plan économique et social, Midi-Pyrénées est vulnérable à bien des titres : ruralité qui se vide à cause d’une agriculture intensive qui oublie les paysans, la biodiversité et la santé - métropole toulousaine hypertrophiée qui relègue les autres cités au rang de simples banlieues - tissu industriel, notamment aéronautique, extrêmement fragile de sa faible diversification - réflexion environnementale venant trop tard en termes de risques (nous, nous n’oublions pas la tragédie d’AZF) et trop peu en termes d’opportunités - faible intégration dans la dimension européenne, etc… Les lignes de fractures sont multiples. Nous portons l’ambition d’un modèle économique qui fera de Midi-Pyrénées un exemple de création massive d’emplois durables, utiles et non délocalisables dans les secteurs des énergies renouvelables, des transports collectifs, de l’agriculture paysanne, de l’habitat sain, de l’aide à la personne, du tourisme diffus, ou encore de la recherche sanitaire et environnementale. Nous voulons d’une éco-région qui impulse de nouvelles façons de produire, de consommer et de se déplacer, en remettant entre autre la défense et le renforcement des services publics au centre du dispositif. Diversifier, aider à la reconversion, penser en termes de solidarité, de sobriété et de circuits courts, faire décroître les gâchis et les nuisances, sanctionner le cynisme des multinationales qui pillent les subventions puis licencient, investir sur l’installation des jeunes, s’appuyer enfin sur notre richesse culturelle notamment occitane… Il y a tant à faire.

GOUVERNER AUTREMENT

En politique comme ailleurs, la "façon de faire" surdétermine le résultat que l’on peut espérer atteindre. En Midi-Pyrénées, le chantier pour une éco-région est si vaste que toutes les bonnes volontés doivent être mobilisées. Sur la base de nos propres pratiques, nous ne concevons les citoyen-ne-s que comme acteurs et au centre des décisions à prendre, en envisageant par exemple sereinement une part de budget participatif ou le recours au référendum si l’importance de la question l’exige. C’est une gouvernance radicalement nouvelle que nous appelons de nos vœux. Là où les autres ne font que de la communication, nous pensons que la concertation est indispensable. En amont de toute décision majeure, nous prendrons le temps d’un dialogue profond et ouvert avec tous les acteurs de terrain concernés. Il n’y a pas bonne évolution qui ne soit d’abord désirée, partagée et comprise, voilà pourquoi l’énergie formidable de la société civile (associations, syndicats, agoras citoyennes…) sera appelée à "co-produire" la réflexion politique. Viendra ensuite la phase de décision au Conseil régional. Là, plus question d’un système où le sommet de la pyramide est en capacité de trancher sur tout. La décision sera toujours collégiale et le rôle des commissions comme celui de la plénière renforcé. Nous voulons une juste répartition des responsabilités proportionnellement aux souhaits de la population, ce qui signifie que même l’opposition aura ainsi sa part de travail à faire sans se voir condamnée à la critique stérile. Nous vous devons la transparence pour combattre le clientélisme (qui reçoit quoi, et pourquoi ?), mais aussi l’absentéisme (qui siège réellement dans chaque organe régional ? ). Par ailleurs, le cumul des fonctions devra être interdit, et la parité homme / femme vraiment mise en œuvre. Enfin, l’évaluation systématique des politiques publiques et de leurs résultats devra devenir la règle. Ce n’est pas simplement un moyen de rectifier au besoin et en toute humilité de possibles erreurs, c’est aussi la façon la plus saine de s’assurer de la bonne adéquation entre une décision et l’attente citoyenne.

Voir en ligne : le programme de Europe Ecologie Midi-Pyrénées

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