le blog-notes

Et pourtant ils ne veulent que du bien aux cyclistes...

Un voyage, une lecture, permettent parfois de remettre dans le contexte des exigences que l’on a pour sa ville, sans être trop sûr de ne pas exagérer, d’être trop centré sur ses petites doléances. Le sujet, c’est le vélo, le voyage, c’est à Albi , et la lecture c’est celle du magazine « vélocité ». Le sujet, la pratique du vélo, est-il trop anecdotique ? A la lecture de vélocité, une bonne synthèse de ce qui se fait en France en termes d’aménagements urbains et d’initiatives pour promouvoir le vélo, tout laisse penser le contraire. Partageons l’édito du n°118 de novembre/décembre 2012.

A force de crier au loup…

Nos concitoyens ne veulent QUE notre bien : c’est en toute bonne foi qu’ils nous exhortent à mettre un casque et à rouler en dehors de la chaussée aux côtés des piétons, à faire des détours pour être moins exposés à la pollution, à ne pas laisser notre vélo attaché dans la rue mais à le parquer dans des cours intérieures… Longtemps, les chercheurs et professionnels de la santé ont cautionné ces affirmations du vélo dangereux en ville plus qu’à la campagne, d’air plus pollué à l’air libre qu’à l’intérieur des habitacles, de vol accru sur la voie publique plutôt que sur des espaces privés. Bref tout le monde criait « au loup » et laissait les cyclistes se défendre seuls contre ces diktats.

Aujourd’hui l’histoire prend une autre tournure. Des experts dont la parole ne peut être mise en doute affirment que se déplacer à vélo a plus de vertus que d’inconvénients : il n’est plus seulement question de l’imminence des catastrophes liées au réchauffement climatique mais des milliers de morts enregistrées en France chaque année (cancers, insuffisance respiratoire, accidents cérébraux) provoqués par le taux d’ozone et de particules fines de diesel largement supérieurs aux valeurs préconisées par l’OMS. La marche, la bicyclette deviennent des modes de déplacement hautement recommandés par les instances sanitaires, même en Ile de France.

Reste maintenant à en convaincre la population ! Finira-t-on dévoré par le loup d’aujourd’hui : l’usage de la voiture solo sur moins de 3 km ? La majorité des élus est encore bien silencieuse sur le sujet ! La FUB ne peut soigner tous les maux mais contre le vol elle a amélioré sa « botte secrète » : le Bicycode « nouveau » est arrivé ! À déguster sans modération !

Geneviève Larerrère, Présidente de la FUB (Fédération française des usagers de la Bicyclette)

Il n’est donc plus concevable aujourd’hui d’envisager un aménagement urbain sans assurer la mise en avant de la pratique du vélo, et on peut même se dire que de ne pas le faire est totalement irresponsable. Les périodes d’expérimentation et d’évaluation des risques de tel ou tel aménagement sont maintenant terminées : le temps est à la mise en œuvre. La ville d’Albi l’a bien compris, elle s’est lancée, il y a déjà 4 ans, dans la mise en place des double-sens cyclistes, des zones de rencontre, selon un schéma de déplacements cyclables prédéfini. Aucun pic de mortalité dans les rues à sens unique empruntées par les cyclistes n’est fort heureusement à noter, mais il n’y a là aucune surprise. Et à Castres donc ? Ne tergiversons pas : c’est le néant. Quand la ville rénove la place de l’Albinque, elle prévoit 3 voies pour les voitures sur les 2 boulevards principaux mais aucun partage pour les cyclistes. La mécanique infernale peut continuer : on n’aménage rien pour faciliter l’usage du vélo, les cyclistes restent en danger et se découragent, le nombre de voitures restent identiques, la qualité de l’air ne s’améliore pas, etc etc… Parfois on se demande pourquoi Albi est plus attractive que Castres. Sur ce point la réponse est claire, il y a à Albi un Monsieur Vélo, que tout le monde connaît, et qu’on a laissé travailler (non sans heurts parfois). A Castres, pas de Monsieur Vélo, mais à la place une Madame Voiture, un Monsieur Voiture, une Mademoiselle Voiture, bref, toute la famille Voiture. Tout un conseil municipal (la majorité) qui ne pense QUE voiture. De retour de voyage de part le vaste monde, un constat s’impose à nous : oui, il est nécessaire de changer la situation castraise car, en l’état, il n’y a guère qu’à Simone que celle-ci sied.