Edito de STEPHANE

Egalité entre les femmes et les hommes : ce qui se passe à Castres

Annuellement, le Conseil municipal doit remettre un rapport sur l’égalité entre les hommes et les femmes, c’est dans loi depuis 2015. L’objectif de cette loi est que soit décliné, à chaque échelon, commune, communauté de commune, département, Région, les actions, bilans, perspectives mis en œuvre pour favoriser l’égalité entre les femmes et les hommes. Le sujet est d’actualité, il fonctionne par strates successives en intensités depuis que la porte s’est ouverte grandement avec la libération de la parole meetoo. Violences femmes aux femmes, inégalités de traitement au sein de la société, assignation à des rôles sociaux préféfinis et réducteurs sont les éléments d’une même injustice, issue d’une volonté de domination. Le système réagit en se protégeant, avec les Darmanin et Dupont-Moretti nommés ministres, mais se craquelle par ailleurs sous les coups des militantes féministes, soutenus par les écologistes de Paris, quand Christophe Girard est contraint à démissionner pour ne pas avoir dénoncé, comme bien d’autres à l’époque, les agissements pédocriminels de Gabriel Matzneff.

A Castres, le rapport sur l’égalité entre les femmes et les hommes remis par la mairie est indigent, au regard des exigences de la loi : quelques données statistiques, aucune analyse, pas de bilan des actions, pas de plan d’action. Les collectivités sont pourtant tenues d’être proactives auprès de leurs agent-es, mais aussi auprès des citoyen-nes. (voir les 2 questions orales ci-dessous). C’est donc à nous d’exiger un rapport qui soit conforme, pour faire un bilan de ce qui est fait, et nous projeter dans l’avenir pour mettre la lumière sur ces inégalités, qui, si on ne les met pas en avant, se rendent invisibles sous le poids du conformisme et des habitudes.

Par exemple, à Castres, nous empruntons, « le chemin des droits de l’Homme », sans nous interroger sur le caractère discriminatoire de ce terme. Nous pourrions emprunter « le chemin des droits humains », comme le préconise le Haut-Commissariat à l’égalité entre les femmes et les hommes. Cela pourrait constituer plus qu’un changement de nom, l’occasion de débattre, et ce serait acharné, sur l’opportunité de garder ce nom, discriminant, invisibilisant pour les femmes. A quand un numéro spécial, annuel, du Castres Magazine, consacré à l’égalité entre les femmes et les hommes, une mise en réseau de ce qui se fait au plan associatif sur l’agglo en faveur de ce combat ? Nous continuerons à travailler sur ces points à la rentrée.

Qui peut prendre la parole lors du 1er conseil municipal : Castres vs Albi.
Albi : discours de la maire Mme Guirraud Chaumeil, puis de la tête de liste de la liste fusionnée, Mme Lefranc-Ferrand. Et c’est tout, car Mme la maire va refuser la parole à M Pragnère (eelv), et M Boudes (PCF), qui avaient prévu de parler. Elle dit que c’est le droit, et après 15 minutes de discussions sur « l’expression des diversités au sein d’un groupe » par M Pragnère, elle coupe la parole.
Castres : discours de M le Maire, puis de la tête de liste M Martinez de Castres Ecologique et Solidaire, puis de M Deleforge, « en complémentarité de CES », car à Castres, M le Maire laisse largement la parole à qui veut s’exprimer. Sauf que c’est CES qui avait interdit la prise de parole d’un de ses membres et « l’expression des diversités au sein d’un groupe », avant le conseil municipal.

Bel été, rendez-vous à la rentrée !

P.-S.

Question orale du 16 juillet 2020

Lors du conseil municipal du 30 juin 2020, à l’occasion de la discussion sur les orientations budgétaires, je vous ai interrogé M le Maire sur le rapport de situation en matière d’égalité entre les hommes et les femmes.
L’actualité révèle le rejet par l’opinion des comportements et des propos sexistes. A ce titre, les nominations aux postes de ministre de l’Intérieur de M Darmanin, et de Garde des Sceaux de M Dupont-Moretti sonnent comme une provocation. Plus que jamais la question de l’égalité hommes / femmes dans les milieux professionnels, associatifs, syndicaux et politiques se pose.
Lors du conseil municipal du 30 juin, les interrogations que j’ai formulées à ce sujet sont restées sans réponses et étaient les suivantes : dans le rapport « Y a-t-il une tendance qui se dégage ? que pourriez-vous dire de la situation ? y a-t-il des actions spécifiques mises en place ? Y a-t-il un observatoire qui existe à la mairie de Castres, une personne référente, une mission spécifique qui a été engagée ou qui sera engagée pour aller sonder dans le détail, ce qui fonctionne déjà bien et les points qui pourraient être améliorés ?
A la lecture du décret n° 2015-761 du 24 juin 2015, il s’avère que ces questions sont totalement fondées mais surtout, que la loi exige que le rapport contienne déjà ces éléments et bien d’autres. Sont en effet absents du rapport remis :
- un bilan des actions menées et des ressources mobilisées
- la description des orientations pluriannuelles
- les données relatives aux rémunérations et aux parcours professionnels
- les données relatives à la promotion de la parité dans le cadre des actions de formation
- celles relatives à l’articulation entre vie professionnelle et vie personnelle
- les actions de prévention de toutes les violences faites aux agents sur leur lieu de travail et la lutte contre toute forme de harcèlement
- un bilan des actions et de leur mise en œuvre et l’évaluation des politiques publiques de la commune
- un suivi de la mise en œuvre de la clause d’égalité dans les marchés publics
- une analyse de la situation économique et sociale en matière d’inégalités entre les femmes et les hommes dans la commune, ainsi que les ressources mobilisées pour les actions engagées.

A ce jour, le rapport que vous nous avez remis ne comporte que des données brutes, très largement incomplètes, sans aucune analyse, conclusion, ni plan d’action. A quelle date, M le maire, pourrons-nous disposer dans notre collectivité d’un rapport en matière d’égalité entre les femmes et les hommes, qui respecte les exigences de la loi ?
Merci pour votre réponse.

Réponses :
Pas de rapport entre le propos introductif 2 ministres, pas suspect de ne pas partager les nominations, vous émettez un avis sur la pertinence, pas grand rapport avec la question, traitement égalité au niveau des agents.
Un certain de manque de précision, j’en prends acte et je m’engage à vous apporter ces précisions lors du projet rapport édité par la RH, mettra en perspectives les données brutes, qui sont d’ores et déjà suffisantes pour démontrer que la prise en compte et déjà effective, même si tout n’est pas tracé
Question : « le rapport de cette année complété, ou attendre celui de l’an prochain ? »
On pourra sûrement le compléter
Je vous ai répondu, vous voyez ce qui vous reste à faire.

Question orale du 23 juillet 2020

M le Maire, j’ai eu l’occasion de vous interroger, et d’interpeler par là-même l’ensemble du conseil municipal, sur le contenu du rapport sur l’égalité entre les hommes et les femmes. Une des obligations mentionnées par la loi est de « dresser un bilan des actions et de leur mise en œuvre et l’évaluation des politiques publiques de la commune. » Une action, que pourrait mener la commune, serait d’engager une réflexion sur le caractère discriminatoire de la dénomination « chemin des Droits de l’Homme ». Le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes (HCE), rappelle que « l’utilisation du terme « droits de l’Homme » - même avec une majuscule qui, par ailleurs, ne s’entend pas à l’oral - n’est pas un détail sémantique sans importance. Cette appellation n’est pas neutre, elle s’inscrit dans une Histoire française qui a longtemps exclu et invisibilisé les femmes. » Le HCE appelle à préférer l’expression « droits humains » à celle de « droits de l’Homme ».
M le Maire, serait-il envisageable pour la ville de Castres d’engager ce débat en coopération avec toutes les instances concernées, autres communes, le Conseil Départemental, pour que ce nom, « chemin des Droits de l’Homme », qui incarne une valeur humaine fondamentale, gagne en universalité et en justice, et devienne celui de « chemin des droits humains » ?
Merci pour votre réponse.

Réponse :
De façon schématique, tant que la constitution ne change pas, M Bugis ne souhaite rien changer.

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