le blog-notes

Du vrai visage du macronisme

« Ce qu’on ne peut pas dire, il ne faut surtout pas le taire, mais l’écrire. » Jacques Derrida

Rien de nouveau sous le soleil. Philippe II survit à Philippe II et donc pas de déclaration de politique générale engageant la responsabilité du gouvernement ; quelques simples retouches ici ou là. Bref une sommaire « recomposition du gouvernement » qui confirme le maintien de la politique menée depuis le début du quinquennat comme en a témoigné l’adresse aux français du Président de la République ce mardi 16 octobre 2018. Mais, quand même, quinze jours d’errements, de flottement, d’embarras, et d’indécision. Comme quoi on peut avoir humilié un Ministre de l’Intérieur et se retrouver acculé à l’honorer devant la difficulté à lui trouver un successeur. Au point d’en accabler le Premier Ministre pour assurer l’intérim.

Le nouveau Ministre de l’Intérieur, dernier impétrant sur la liste des sollicités, semble-t-il, n’est autre que celui qui, depuis les débuts d’EM, est considéré comme le « couteau suisse » du mouvement : un collaborateur touche-à-tout, homme à tout faire – porte-parole lors de la campagne présidentielle ; secrétaire d’Etat et porte-parole du gouvernement quelques semaines ; délégué général de LREM – un factotum, fidèle des fidèles des adeptes. Comme pour tout joueur de poker, le bluff est de mise : « Tapis !!! C’est moi ou je vous quitte. » Devant, paraît-il, les difficultés rencontrées, suite à divers refus successifs, par le Président et le Premier Ministre et ces derniers n’ayant de fait ni brelan ni paire, voilà Mr CASTANER nouveau ministre de l’Intérieur avec, cependant, moins de prérogatives que son prédécesseur en lui adjoignant un bras droit, secrétaire d’Etat opérationnel, jusque-là Directeur de la DGSI.

Même initiative pour le Ministère de la Transition écologique et solidaire : une secrétaire d’Etat opérationnelle venue du privé – cadre du Groupe Danone, comme l’a été Mme PENICAUD, Ministre du Travail – pour seconder le Ministre d’Etat dont on se rappelle les péripéties qui ont précédé sa nomination : opportunisme médiatique avec la tentation COHN-BENDIT, échec de la chasse aux cerveaux pendant une semaine et pour finir les fonds de tiroir de la maisonnée LREM avec De RUGY.

Le message ne peut être plus clair : immixtion renforcée des technocrates, du public comme du privé, dans la sphère gouvernementale : la gouvernance des soi-disant experts. Après s’être appuyé sur des politiques, et non des moindres - COLLOMB pour la gauche, HULOT pour les écologistes - afin d’accéder au pouvoir et d’en donner une image de large ouverture, au tour maintenant du vrai visage du macronisme : resserrement et consolidation de la mainmise techno-oligarchique sur l’Etat.

CAZOTTES Jean-Marc, le mercredi 24 octobre 2018

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