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CASTRES / Des caméras de vidéo-surveillance pour faire plaisir aux électeurs ?

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Réunion de quartier du 24/04/13 organisé par M. Pascal BUGIS à Roulandou

Lors de la présentation des améliorations faites pour la sécurité des habitants de Castres, Pascal BUGIS a démontré, chiffres à l’appui, que le nombre de cambriolages avait baissé depuis les réunions thématiques visant à sensibiliser les populations à ce risque (ce qui est confirmé par la Dépêche du 25/04/13). Pascal BUGIS a également attribué les causes de cette amélioration à l’effet dissuasif des caméras de vidéo-surveillance.

Ce deuxième lien de cause à effet peut surprendre, car les caméras sont installées dans des lieux publics ne peuvent en aucun surveiller des parties privatives. S’il y a donc eu effectivement une baisse des cambriolages à CASTRES, cela ne peut s’expliquer que par la vigilance accrue des habitants eux-mêmes.

Pascal BUGIS a précisé que le nombre de caméras s’élevait à 35. Selon ses propres dires, ce dispositif n’est pas la « panacée universelle », mais de plus en plus d’habitants souhaitent avoir une caméra près de chez eux. Il est donc prévu d’augmenter leur nombre jusqu’à 50 d’ici la fin 2013 (en équipant notamment le quartier de Laden). Pascal BUGIS rajoute que cela n’est pas suffisant car si ce dispositif n’est pas relayé par des fonctionnaires de police (municipale ou nationale) sur le terrain, il ne pourra être que dissuasif, mais certainement pas efficace.

Pourtant, un peu plus tôt dans son discours, Pascal BUGIS avait expliqué qu’il souhaitait maintenir un bas niveau d’impôts locaux et que cela ne pouvait se faire qu’en maintenant un effectif restreint d’employés municipaux. De ce fait, il n’y a que 25 agents de police municipale pour une ville qui est très étendue et donc la surveillance ne peut être exhaustive. Qui plus est, le nombre de fonctionnaires de la Police Nationale n’est pas supérieur à 70. Un nombre que Pascal BUGIS juge insuffisant pour assurer toutes les missions dont la ville aurait besoin.

Si donc, les caméras de surveillance ne sont efficaces que s’il y a des effectifs présents en nombre suffisant « sur le terrain », quel est l’intérêt de multiplier ces dispositifs dans ces circonstances ?

Par ailleurs, une habitante s’est plainte du dérangement causé au beau milieu de la nuit, par un groupe d’individus qui s’est rassemblé dans son quartier, pour fumer et boire en écoutant la musique de la voiture dont les portières étaient grande ouvertes. Malgré son appel, la police n’est pas intervenue. Pascal BUGIS a justifié cela par un manque d’effectif policier. Il a rajouté que de ce fait, les fauteurs de troubles agissent en toute impunité. Et s’ils se trouvent là, c’est certainement parce que des caméras de surveillance ont été placées ailleurs et qu’à cet endroit, il n’y en avait pas. Le problème a donc été déplacé, mais pas résolu. Faut-il en conclure que pour assurer la sécurité de toute la ville, il faudrait des caméras partout ? Pascal BUGIS a même espéré qu’en augmentant le nombre de caméras, les délinquants seraient repoussés aux limites de la cité… Mais, cela serait trop cher.

Pascal BUGIS reconnait donc une nouvelle fois l’inefficacité de ce dispositif sans pour autant proposer d’alternative (quelles sont les mesures préventives outre celles répressives ?).

Des voitures et des hommes

Quelques minutes après que Pascal BUGIS ait évoqué la vitesse excessive des automobilistes sur l’avenue Charles de Gaulle, un habitant interpelle le premier magistrat sur la dangerosité des carrefours de cette avenue, rappelant qu’il y a eu 3 accidents ces dernières semaines. Ce dernier suggère la mise en place d’ilots centraux sur la chaussée. Cette proposition est relayée par le commerçant de la station Total de cette grande artère qui remarque de fréquents grands excès de vitesse. Ce à quoi Pascal BUGIS rétorque que cela réduirait la largeur de voies et provoquerait une gêne pour les véhicules. Par conséquent, il n’y a rien à faire.

Une autre habitante se plaint de la vitesse excessive sur une petite route parallèle à l’avenue du Sidobre. Selon Pascal BUGIS, les dos d’ânes posent trop de problèmes, car ils doivent être correctement dimensionnés pour ralentir les véhicules sans les gêner, d’autant que les véhicules d’urgence doivent pouvoir passer vite. Par conséquent, il n’y a rien à faire.

Pascal BUGIS se plaint lui-même que des automobilistes empruntent régulièrement un sens interdit sous sa fenêtre, à proximité de la place de l’Albinque. Mais comme il n’y a pas assez d’agents de police, ils ne peuvent être verbalisés et par conséquent… il n’y a rien à faire.

Donc, sans répression, point de salut ! Je comprends mieux l’escalade des automobilistes qui achètent aujourd’hui des 4x4 aussi gros que des chars d’assaut : c’est la loi du plus fort.

Au terme de cette réunion, j’en conclus que pour se protéger des cambriolages, on ne peut compter que sur soi-même, que pour éviter la délinquance, on ne peut compter que sur soi-même et que pour être en sécurité sur la voie publique, il ne faut compter que sur soi-même. Je comprends mieux pourquoi les impôts n’augmentent pas. Je m’étonne par contre qu’à ce rythme-là ils n’aient pas baissé !

Vincent RONCA