hebdo de BENOIST

Défense de l’école publique : c’est ici, et maintenant

À quoi voit-on qu’on touche à l’inacceptable ? Vendredi dernier, à l’appel de la FCPE, de la FSU, de l’UNSA et de Sud, de très nombreux enseignants, parents et représentants de la gauche se sont réunis à Castres, pour témoigner de leur colère et de leurs inquiétudes face aux conséquences désastreuses de la politique menée par le gouvernement en matière d’éducation. Cette réunion a d’abord été l’occasion, de la maternelle au lycée, de rappeler la dégradation sensible des conditions d’exercice, et nécessairement de la qualité de l’enseignement reçu par les enfants. Fermeture de classes. Regroupement d’écoles. Augmentation du nombre d’élèves par classe, y compris et d’abord dans les établissements où les élèves sont déjà le plus en difficulté. Absence de remplacement des enseignants absents. Suppression de nombreuses options ou filières. Disparition de la formation initiale et continue des enseignants. Affaiblissement de l’aide à l’orientation des élèves. Empilement de réformes parfois absurdes, qui n’ont pas pour objectif la réussite des élèves, mais encore et toujours de faire des économies... Autant de conséquences (le liste n’est pas exhaustive) de la politique de casse du service public d’éducation menée depuis plusieurs années. Mais la situation est aujourd’hui alarmante. Ce qu’une mère d’élève a très bien résumé, en disant que ce qui motive son engagement en faveur de la défense de l’école, c’est la certitude qu’en l’état actuel, ses enfants ne bénéficieront pas de la même qualité d’enseignement dont elle-même a pu profiter. Et ça, a-t-elle ajouté, c’est insupportable. On est là au cœur du sujet : le gouvernement est en train de tuer la promesse de progrès que porte nécessairement l’école publique. Il s’attaque à tous ses fondements (la prise en compte des inégalités sociales, la nécessaire promotion de l’égalité des chances, l’attachement aux individus...). Il fait passer l’humain à la moulinette de l’évaluation et de la calculette. Il nie la vocation humaniste et civique de l’école. Et ça, effectivement, c’est insupportable.

Face à une telle situation, nous avons un devoir de riposte. Et la bonne nouvelle, c’est que la capacité de mobilisation est là. Les organisations syndicales ont rappelé toute leur détermination. Les organisations politiques de gauche ont rappelé leur attachement à l’école publique. Oui, une école de qualité implique des efforts importants, nécessite des efforts financiers à la hauteur des enjeux... Mais tout est une question de perspective : comme l’a rappelé un participant, 16000 postes supprimés, c’est 600 millions euros d’ « économie » pour le gouvernement. Moins que ce qui est redistribué au titre du bouclier fiscal... Et la perspective se révèle bien déformée, lorsque les mêmes députés votent à Paris les suppressions de postes, avant de se présenter comme les grands défenseurs des établissements de leurs circonscriptions... Des parents de Soual et de Brassac, qui ont mené ces derniers mois des luttes victorieuses pour s’opposer à des fermetures de classes, ont rappelé toute leur détermination à poursuivre la lutte aux côtés d’autres établissements. Dans les écoles castraises, les enseignants notent une prise de conscience, et un esprit de révolte inédits. Dans les collèges et les lycées, les dotations horaires insuffisantes provoquent une saine colère, qui se traduit par de nombreux refus de voter en conseil d’administration la répartition de ces dotations.

En résumé : des écoles maternelles et primaires encore mobilisées. Des collèges et des lycées où personne ne peut se satisfaire de la situation. Une volonté partagée de lutter ensemble.

Cette volonté commune a débouché sur la création d’une coordination, qui permettra notamment de mettre en relation les luttes locales, les collectifs nés de manière spontanée autour de nombreux établissements, qui permettra aussi de continuer à débattre des nombreuses formes d’actions qui ont été proposées vendredi dernier. À côté de la mise en place de cette coordination, les jours qui viennent vont être rythmés par au moins deux actions marquantes :

dès mardi, 22 février, une délégation d’enseignants et de parents viendra interpeller les membres du conseil municipal, et notamment le maire UMP Pascal Bugis et le député Philippe Folliot. Le rendez-vous est fixé devant la mairie à 17h45

le samedi 19 mars, un rassemblement est prévu, à Castres, dans le cadre de la journée nationale d’action pour l’école publique, à l’appel du « collectif des 25 »

Soyons nombreux à participer à ces actions. Faisons-les connaître autour de nous. L’école publique, c’est notre école, à tous.

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