Autoroute

De retour du conseil municipal 13 décembre 2016.

Autoroute Castres-Toulouse, une énième délibération de soutien.

A l’occasion de l’enquête publique, les citoyens opposés à l’autoroute sont intervenus lors du dernier conseil municipal, lieu de la vie démocratique. Pancartes, prise de parole, instants que la presse n’a malheureusement pas relayés.

Avec l’accord du maire, le collectif PACT a donc été autorisé à prendre la parole le temps d’une suspension de séance. J’ai pu exposer les faits le plus simplement possible : oui le désenclavement tout le monde y est favorable, oui l’aménagement sur place (ASP) est crédible car il sécurise tous les accès à la RN 126 (carrefours, traversée de village, entrées individuelles…), oui la réalisation est moins chère, oui c’est gratuit et pas 16 euros de péage, oui il est nécessaire de comparer avant de se lancer dans un tel investissement. Le maire répondra avec ses arguments habituels : sécurité, entreprises qui attendent pour s’installer, pas de volonté politique pour débloquer des budgets publics, l’autoroute concédée est donc la seule solution. En plus c’est écologique, c’est Jean-Louis Etienne qui l’a dit. Nous apprendrons aussi que « tous les jours une entreprise manifeste sa volonté de s’installer à Castres » et que pour « se rendre à Labège (au sud-ouest de Toulouse) l’autoroute (qui nous emmène au nord-est sur une rocade bouchée) sera un progrès ». Comme il est difficile de résister à l’ironie quand on retranscrit de tels propos.

Au moment des votes, ce sont ceux de l’opposition qui auront donc un intérêt. Les ex-Castres à Gauche Vraiment votent contre l’autoroute et défendent l’aménagement sur place. 2 membres du PS s’abstiennent. Ils ne sont pas pour l’autoroute et attendent la fin de l’enquête publique pour voir la tournure du dossier. Ils n’arrivent sans doute pas encore à dire qu’ils sont pour l’aménagement sur place mais ça viendra. Le membre du PRG, parti grand défenseur de l’autoroute concédée, nous surprendra en ne votant pas pour la délibération mais en s’abstenant. Bonne nouvelle. La dernière membre de l’opposition de gauche, PS, se fera elle applaudir par l’ensemble de la majorité de droite du conseil municipal : selon elle, nous n’aurions pas d’autre choix que l’autoroute concédée... Concernant le FN, alors qu’il a fait campagne pour la gratuité, les 2 élus votent pour l’autoroute concédée, mais nous ne saurons pas pourquoi car ils ne prennent pas la parole.

Au bilan à gauche, sur 6 personnes dans le groupe d’opposition, 5 ne soutiennent pas ou plus l’autoroute concédée. Cette question, qui a fait exploser la possibilité d’une union à gauche aux dernières municipales voit donc une évolution remarquable. Il pourrait être légitime de demander des comptes à ceux qui ont imposé leurs vues proautoroutes sans nuances, de leur rappeler que le courage en politique peut être payant, et que les petits calculs politiciens rétrécissent l’envergue là où il faudrait ouvrir. Mais peut-être est-il simplement temps de tourner la page, pour en écrire une nouvelle, avec comme base de départ le règlement de cette question du désenclavement par l’aménagement sur place de la RN 126 ?

Extension du golf : un vote pour à l’unanimité.

Depuis que le maire de Castres a montré son intérêt pour la zone de Gourjade, de nombreuses personnes s’interrogeaient sur ses finalités. Comme à chaque fois, nous découvrons la réalité une fois que tout est décidé et, sans surprise, le pôle Gourjade n’est pas renforcé pour une accessibilité pour les piétons, et les cyclistes, ni dans sa dimension familiale. C’est le golf qui s’agrandit, pour passer de 9 à 18 trous. Et bien aussi étonnant que cela puisse paraître, cette décision est votée à l’unanimité et ne rencontre que des votes favorables. L’opposition, pourvu que le golf soit ouvert le plus largement possible, en particulier sur les écoles, vote pour ce projet. Il n’y a manifestement pas d’autres investissements prioritaires à faire sur cette ville que d’agrandir le golf et de financer un nouveau club house. Nous étions quelques-uns à partager un certain étonnement voire une certaine consternation.

Tarification sociale de l’eau : une bonne pub pour pas cher.

Le vote, pour cette mesure sociale, se fait à l’unanimité. Il aurait été bon toutefois de s’intéresser à la façon dont notre maire met en œuvre cette mesure. Il s’agit d’un chèque d’aide, décerné à une catégorie de personnes en difficulté, en situation d’emploi, avec une liste de critères et un seuil de ressources. Le débat a porté uniquement sur ces points. On a appris au passage que les « bons d’essence », dispositif d’aide similaire, n’ont pas été totalement consommés. Cela n’a rien d’étonnant car les personnes concernées doivent en avoir l’information, faire un dossier, répondre aux critères, ce qui constitue autant de freins. L’effet d’annonce, lui, fonctionne à plein à chaque fois.

La tarification sociale a en fait une toute autre ambition : sociale et écologique. Il s’agit de différencier l’usage de l’eau entre usage de nécessité et usage de confort ou de plaisir, et d’encourager les économies. Pour faire court, les premiers m3 sont moins chers (ceux que l’on utilise pour la vie quotidienne), et à partir d’un certain seuil, ils sont plus chers (ceux qui permettent de remplir la piscine par exemple). C’est cette mesure qui est fondamentalement nouvelle et qui mérite d’être expérimentée. Le même principe peut aussi être décliné en matière d’énergie. Nous avons là un réel potentiel de transformation de la société dans son rapport aux biens essentiels vitaux et pas un simple effet d’annonce. Castres aurait pu être ville pionnière.

Pollution de l’eau, pollueur pas payeur ?

La facture d’eau de tous les Castrais va augmenter car, suite à une pollution, le coût de retraitement des boues va augmenter. On apprendra le lendemain par la presse que ce sont des PCB qui polluent l’eau à Castres. La discussion n’a, à mon sens, pas assez porté sur la responsabilité de cette pollution. En effet, il n’est plus acceptable aujourd’hui de faire le constat d’une pollution sans en déterminer les responsabilités, fussent-elles accidentelles. Que les usagers de l’eau paient au final ce genre d’erreur n’encourage pas à la vigilance de tous. La responsabilité écologique se construit sur le principe pollueur-payeur. La mairie doit se donner les moyens d’éclaircir ce qui s’est passé. A suivre.

Zazou bar.

Il n’y a rien à attendre du maire de Castres dans ce genre de dossiers. Les 45 minutes de discussion ont peut-être servi à ce que les citoyens qui se sont déplacés le comprennent. Il souhaite réorganiser l’offre commerciale à cet endroit, une délibération votée à Castres le lui permet, il le fait. A l’origine la délibération était destinée à limiter l’implantation des officines de banques et de téléphonie, et ne concernait pas les bars. Les explications du maire ne sont pas convaincantes et laissent planer toutes les hypothèses et suspicions quant à la suite. Nous verrons la nature du commerce qui occupera ce lieu et qui dynamisera « mieux » la vie de la place. Les nombreux clients du Zazou resteront convaincus de la dynamique qu’un bar a apporté à la vie locale à cet endroit. Un regard sur d’autres villes montre que la complémentarité de l’offre dynamise toutes les offres, que ce soit en matière de bar ou d’autres commerces. Il faudra un jour regarder avec lucidité les résultats de la politique de cette municipalité sur la vie du centre-ville, les dents creuses s’y multiplient à mesure que les grandes surfaces grandissent en périphérie. Quoiqu’il en soit une belle histoire se termine à l’Albinque. Souhaitons longue vie aux Zazous de tous poils et merci, beaucoup, avec le cœur, à Alberto et à Fleur.

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Commentaires

2 Messages de forum

  1. De retour du conseil municipal 13 décembre 2016.

    Merci Stéphane pour ton compte rendu, il résume parfaitement mon ressenti, dommage que la presse n’ait pas été plus courageuse mais bon ça nous le savions.

    par christian | 22 décembre 2016, 22:15

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  2. De retour du conseil municipal 13 décembre 2016.

    Merci Stéphane pour ce compte rendu. Des nouvelles bien triste sur cette ville dont le centre ville va se transformer en ?

    par Harri Cover | 23 décembre 2016, 16:07

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