le blog-notes

Dangereuse rengaine

« Ce qu’on ne peut pas dire, il ne faut surtout pas le taire, mais l’écrire. » Jacques Derrida

Si l’été est la saison des tubes, l’automne, habituellement consacrée à la littérature avec les prix Nobel et Goncourt et à glaner des châtaignes pour les confitures, semble cette année être la saison d’une mauvaise ritournelle. Du moins d’une dangereuse rengaine politicienne.

« L’état de droit. Légalité des décisions prises démocratiquement par les élus. L’état de droit. Rétablissement de l’ordre républicain. L’état de droit …etc »

Le procédé est bien connu : ressasser à satiété, tous bords établis confondus, un banal propos de diversion qui force sa vérité frelatée non sur son contenu mais sur sa seule et ennuyante répétition. Propagande. Las.

Jamais l’Etat de droit n’a été remis en cause dans les différentes actions du collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet. Ni par les partis politiques, les syndicats et les associations qui le soutiennent. Jamais ce collectif a demandé à s’opposer à l’ordre républicain.

Toujours ce collectif a appelé au débat, à la concertation, à la négociation. Sans résultat.

Jusqu’à la juste reconnaissance de « l’erreur d’appréciation » révélée par le rapport des deux experts du Ministère de l’écologie : « projet surdimensionné - étude d’impact de qualité moyenne - financement fragile - négligence des alternatives ».

Alors qu’un premier tour de table organisé par Mme Ségolène ROYAL, Ministre de l’écologie, a permis enfin aux principaux interlocuteurs – politiques, syndicaux, associatifs – du dossier SIVENS de se retrouver en un même lieu pour écouter les arguments des uns et des autres, certains persévèrent dans l’affrontement stérile aujourd’hui et à l’évidence dangereux demain.

Qu’un Président d’association des élus tarnais, il est vrai redevable envers le Parti Socialiste d’avoir eu l’outrecuidance de se présenter contre les candidats socialistes officiels à la dernière élection sénatoriale, s’autorise à soutenir et appelle à rejoindre, par courrier officiel de son association adressé à l’ensemble des élus du département, un rassemblement incongru et malséant, sous couvert de « rétablissement de l’ordre républicain », et d’un tordu « pouvoir vivre et travailler en toute liberté dans le respect de chacun », démontre le désarroi qui semble troubler la sphère socialisante tarnaise.

Car il faut vraiment être ébranlé pour oser activer des organisations satellisées dans un processus d’affrontement alors qu’une période propice d’apaisement vient tout juste de commencer suite à la réunion au Ministère de l’écologie.

Qu’on le veuille ou non, il y a un après SIVENS. L’épuisée démocratie représentative est à bout de souffle : de moins en moins de militants ; de plus en plus d’abstentions, de votes blancs, de votes nuls lors des consultations démocratiques ; esprit démocratique en berne ; montée du populisme. Une démocratie moderne doit se mettre en route, celle d’une démocratie représentative participative au sein de laquelle toutes les composantes vives de la nation – élus, partis politiques, syndicats, associations - se doivent de trouver ensemble les solutions aux difficiles problèmes que la complexité du monde impose.

Celles et ceux qui s’opposent à ce renouvellement nécessaire, parce que salutaire, prennent le risque d’être les artisans – involontaires, voire volontaires – du naufrage de la République et de l’effondrement de la démocratie.

P.-S.

dernier article paru : SEISME !?