DYNAMIC

DYNAMIC. Conférence de presse du comité de soutien

Lundi 2 novembre. Bourse du Travail, Castres

Merci de vous être déplacés pour cette conférence de presse de présentation du Comité de soutien aux 98 salariés de l’usine textile Dynamic menacés de licenciement. Je m’appelle Benoist Couliou, j’ai trente-deux ans. Je suis professeur d’histoire-géographie au collège de Brassac, et membre de l’association Castres à gauche vraiment. Je suis le porte-parole de ce comité de soutien, c’est à ce titre que je me propose de vous le présenter, et de vous annoncer les principales actions qu’il entend mener auprès des salariés dans les jours et les semaines qui viennent.

Pourquoi un tel comité de soutien ?

➔ Vous connaissez tous ici la situation délicate que vivent les 98 salariés de Dynamic. Vous avez suivi l’actualité de leur lutte, qu’on peut je crois qualifier de remarquable. On peut évoquer bien entendu ce qui s’est passé devant les tribunaux (et on ne peut que saluer la juste reconnaissance de l’unité économique et sociale de Dynamic et du groupe Carreman), mais aussi les nombreuses manifestations auxquelles ont participé les salariés, depuis Castres jusqu’à Paris, sans oublier tout ce qui s’est passé depuis des semaines sur le site du Travet ; comme jeudi dernier, où les salariés ont dû occuper les locaux plusieurs heures pour obtenir une simple promesse de rendez-vous pour la mi-novembre, et ceci afin d’envisager l’installation du nouveau comité d’entreprise qu’impose la reconnaissance de l’unité économique et sociale des deux entreprises.

➔ Ces quelques rappels pour dire à quel point les salariés mènent une lutte longue, et difficile. Quand vous voyez les efforts qu’ils sont obligés de déployer, simplement pour disposer d’un interlocuteur au sein de l’entreprise, alors qu’ils ne savent pas s’ils vont pouvoir garder leur emploi, ni même s’ils seront payés dans les jours qui viennent... Il faut le dire et le répéter : on n’a pas le droit de traiter des salariés ainsi.

➔ Et en tant que citoyens, on ne peut pas non plus demeurer silencieux face à la situation qu’ils vivent. Quand l’idée est venue de créer un comité de soutien, à la demande des salariés, les personnes que nous avons sollicitées pour faire partie des premiers signataires de la pétition qui circule actuellement, nous ont tous répondu à peu près la même chose, à savoir qu’on ne devait pas se laisser aller au fatalisme ambiant. Ils ont exprimé l’importance de témoigner de notre solidarité envers ces hommes et ces femmes, mais aussi la nécessité de dire notre colère face à cette délocalisation déguisée, et plus généralement face aux agissements des responsables du groupe Carreman, déjà tristement connus pour avoir proposé à des salariés licenciés un reclassement en Inde pour 69 euros par mois, avant l’été.

Un comité de soutien large et représentatif :

➔ Si les premiers membres du comité de soutien étaient de simples citoyens et citoyennes, associés aux familles des salariés, ils ont depuis été rejoints par de nombreuses organisations syndicales et politiques. Pour les syndicats : la CGT, la CFDT, FO, la FSU, Sud-Solidaires. Pour les organisations politiques : les Verts, le Parti Socialiste, Castres à Gauche Vraiment, le Parti de Gauche, les Alternatifs, le Parti Communiste. On peut aussi citer la présence des 5 élus d’opposition municipale de la Gauche Rassemblée pour un Réel Changement, de la Conseillère Régionale Socialiste, Madame Linda Bessières...

➔ Des contacts ont également été pris avec des associations, qui vont rejoindre bientôt le comité.

➔ L’union de toutes ces forces politiques et syndicales est bien sûr le signe d’une inquiétude largement partagée pour ces salariés. D’ailleurs, si vous allez regarder la liste des signataires de la pétition, vous verrez d’ailleurs qu’on y trouve à la fois des conseillers municipaux de la majorité, ainsi que l’ancien ministre socialiste Paul Quilès. Cette ouverture, c’est incontestablement une force, pour un comité qui se pense et se veut au service de la lutte que mènent les salariés.

Quelles actions ?

➔ Comme je viens de l’évoquer, une pétition de soutien circule. Je vous en avais déjà adressé le texte, ainsi qu’une première liste des signataires. Je suis heureux de pouvoir vous annoncer ce matin qu’on a déjà dépassé les 1000 signataires, et qu’on ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

➔ Nous avons déjà été présents deux fois sur le marché Jean Jaurès pour la présenter aux Castrais et aux Castraises, et d’après les échanges que j’ai pu avoir avec les membres du comité, nous en avons tous retiré le sentiment que notre action est bien accueillie par la population. Notamment grâce à vous, les gens savent ce qui arrive aux salariés de Dynamic. Ils expriment leur inquiétude, leur colère, et ce qui revient souvent dans les discussions que nous avons avec eux, c’est le parallèle qui est fait avec ce qui se passe dans d’autres entreprises, comme Molex ou Continental bien entendu, mais aussi France Telecom par exemple, même si c’est pour d’autres raisons (Quoi que...). Ils nous disent aussi leur ressentiment contre la quête effrénée du profit maximal qui sous-tend les délocalisations, ils expriment leur tristesse face au démantèlement de l’industrie textile dans notre bassin d’emploi, et nous encourage à poursuivre notre action, pour que cette tristesse ne se transforme pas en résignation passive. Ainsi, avec cette pétition, le comité joue déjà pleinement son rôle, qui est de permettre l’expression de la solidarité de toute une ville, et même de tout un bassin, envers la situation injuste vécue par les « Dynamic ».

➔ Nous allons donc continuer à faire signer cette pétition, dès mercredi matin sur la marché de Lameilhé.

➔ Nous serons aussi présents jeudi soir au stade Pierre Antoine. Des contacts ont été pris avec la direction du club pour nous permettre de nous exprimer à l’intérieur du stade, soit au micro, soit sous la forme d’une banderole. Nous sommes confiants, et pensons que la direction du CO saura comprendre l’importance de ce moment pour les salariés. Si aujourd’hui la ville entière vibre pour les exploits de son club de coeur, nous pensons que ce dernier ne saurait rester insensible à ce que vivent ses supporters.

➔ Dans le même ordre d’idée, nous allons aussi nous tourner vers les commerçants, par exemple en leur demandant de disposer dans leurs magasins des affiches. Ils savent à quel point de tels licenciements ont des répercussions pour leurs propres activités. Car 98 emplois directs, on comprend vite ce que cela peut signifier comme retombées indirectes pour l’ensemble de la ville.

➔ Si les salariés appellent à une nouvelle manifestation, nous serons bien entendu à leurs côtés.

Toute la ville avec les Dynamic :

➔ Vous l’aurez compris, l’idée est bien de sensibiliser l’ensemble de la ville à ce que subissent ces salariés. Et il faut le faire vite, car des dates très importantes pour eux s’annoncent, entre le 4.11, date limite pour un éventuel repreneur pour se faire connaître, et le 20.11, où la liquidation judiciaire pourrait être prononcée...

➔ Je voudrais terminer en disant que les pouvoirs publics doivent prendre conscience de ce qui s’exprime à travers ces différentes actions. Le moment venu, nous irons leur déposer notre pétition. Ils doivent se placer résolument aux côtés des salariés de Dynamic, comme on a pu le voir faire dans d’autres villes, pour d’autres usines. Ils doivent peser de tout leur poids pour leur permettre d’obtenir ce qu’ils demandent : à savoir, tout simplement de la considération, ainsi que la possibilité de pouvoir continuer à travailler ici, à Castres. Deux choses si évidentes, si simples, qu’on en oublierait parfois à quel point il faut parfois se battre aujourd’hui pour les obtenir.

➔ C’est pourquoi nous serons à leurs côtés pour les aider de notre mieux dans les jours qui viennent, et invitons la population à nous rejoindre, soit en signant la pétition, soit en venant nous rencontrer lors des différentes actions que nous allons mener, et que je viens de vous présenter.

Le blog des DYNAMIC —> ici

Voir en ligne : signez la pétition de soutien aux DYNAMIC

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