la tribune libre

Ce n’est pas la politique qui contient l’écologie, c’est l’écologie qui contient la politique

Depuis quelques années une mode médiatique quotidienne, générale, nous sert le même mantra, la même soupe : Tous les partis politiques s’occupent d’écologie. Que non ! Mal nommer les choses, dit Albert Camus, c’est ajouter au malheur du monde. Nous sommes au sommet de l’anthropocène, au seuil de l’effondrement, n’y ajoutons plus rien !

Des gens sérieux continuent à faire tourner le monde à l’envers et à nous envoyer au précipice. Le diagnostic des scientifiques est sans appel. Mais puisque tout va très bien madame la marquise. Circulez, il n’y a rien à voir.

Ce refrain, cette propagande : « Tous les partis politiques s’occupent d’écologie », n’a d’autres finalités que d’écarter l’esprit critique, d’effacer le discernement des citoyens, de procéder à un lavage de cerveau et plus simplement à un bourrage de crâne. Il faut faire croire aux citoyens, donc aux électeurs, que la folle marche du monde imposé par le libéralisme et le capitalisme est la seule voie possible. C’est la loi du mensonge qui prétend en plus légiférer contre les fausses nouvelles.

Et expliquer par-là que l’écologie et les écologistes, ne seraient que de doux rêveurs, pas très sérieux, ne comprenant pas grand-chose à la politique. Quand au contraire ils savent parfaitement que libéralisme et capitalisme, n’ont qu’un moteur, qu’une énergie, ceux du pouvoir et du profit. Avec comme conséquence, la misère absolue pour les trois quarts de l’humanité, des inégalités colossales, le saccage de la planète et de la biodiversité, des souffrances sociales et humaines sans limite. Et pour finir la course vers un réchauffement climatique qui annonce la sixième extinction de masse, avec au cœur notre propre disparition.

L’écologie ce n’est pas que les petits oiseaux, qui en effet disparaissent déjà, l’écologie c’est de remettre la politique au service des hommes, c’est à dire au service du vivant et de la nature. Parce que l’homme n’est qu’un parmi les éléments innombrables du vivant et de la nature. Sa survie dépend de celle de tous les autres. Le vivant n’est pas le vassal de l’homme, la nature moins encore, nous sommes parmi eux. Nos sorts sont liés, la seule voie possible c’est l’entraide, la coopération et le respect.

Que signifie cette absurde mantra de la croissance sans limite comme si, depuis ce mot de jacques Ellul en 1944, on ne savait pas « qu’il n’existe pas de développement infini dans un monde fini ». Cet autre mantra de la concurrence de tous contre tous, de la compétitivité, a-t-il d’autres finalités que de dresser les hommes et les peuples les uns contre les autres, de priver les êtres humains de leurs droits. Pour le seul profit et le pouvoir de quelques-uns. Et dans ce même temps nous sommes otages de tous ces discours haineux du racisme, de la xénophobie, du sexisme, du rejet de la différence, du mépris des plus modestes et des plus ignorants. Tous ces discours se font au nom d’une identité fantasmée opposant les cultures, les religions, les couleurs de peau, les genres. Alors que l’identité réelle, fonde la singularité de chacun et nous enrichit tous. Cette somme des singularités répond au premier besoin des hommes : la coopération, l’amour, le partage, la tolérance, la complémentarité et l’entraide.

Nous savons tous combien l’avenir de nos enfants est lourd des pires menaces. Je veux juste rappeler cette phrase d’Albert Camus encore en 1945 : « il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l’utilisation intelligente des conquêtes scientifiques ». Nous y sommes, nous ne pouvons plus rester dans le déni, l’heure de la transition a largement sonné. Pas seulement la transition énergétique, mais la transition écologique globale, et la transition sociale. Non, le monde n’est pas l’objet de quelques-uns. Oui, il est à nous toutes et tous, et c’est ensemble que nous devons le défendre et le protéger.

A côté des écologistes, véritables lanceurs d’alerte depuis leurs commencements, la jeunesse du monde a compris et se met en marche parce qu’un autre monde est possible. L’écologie déploie toute son énergie pour permettre la naissance de ce monde. Un monde voulu pour le bien-être des hommes et de toute l’humanité, en osmose avec tout le vivant et la nature, parce que c’est la condition impérative d’un futur soutenable.

Ce monde commence partout et d’abord ici, là où chacun vit et habite. Ouvrons ensemble ce chemin que tant de femmes et d’hommes, généreux et réfléchis, ont déjà jalonné.

Louis Cazals,, conseiller municipal d’opposition, Castres

P.-S.

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