hebdo de BENOIST

"Castres 2014", Castres demain. Intervention pour Europe Écologie – les Verts lors de la réunion de « Castres 2014 » du samedi 28 janvier

Nous sommes ici pour une question de temps. Nous sommes ici parce que nous avons conscience du temps. D’ailleurs, faire de la politique, c’est avoir cette conscience du temps. La boutade de Saint Augustin est célèbre : « Qu’est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais ; mais si on me le demande et que je veuille l’expliquer, je ne le sais plus ». Le temps, c’est avant tout du passé, du présent et du futur.

Le passé, c’est en premier lieu notre passé immédiat, marqué par l’échec de la gauche lors des dernières élections municipales, l’étiage très bas des deux listes de gauche lors du premier tour, la liste de Pascal Bugis à 50%, et un deuxième candidat de droite, Philippe Folliot, à près de 20%. Ce revers nous renvoie à un autre échec, celui de la réunion des forces de gauche, organisée en décembre 2007, en vue de tenter de constituer une liste unique. Nous sommes nombreux ici à avoir participé, de près ou de loin, à cette réunion. Sans doute avons-nous des interprétations différentes de ce qui s’est joué ce soir-là, mais je pense que nous sommes tous d’accord pour dire que cette rencontre a acté l’échec d’une méthode. Ce n’est pas deux mois avant le premier tour des élections que l’on peut se retrouver autour d’une table pour construire un projet crédible et s’accorder sur une équipe et une tête de liste pour diriger la ville pour six ans. Bien évidemment, ce passé immédiat n’est pas sans lien avec un passé plus lointain, avec une histoire de la gauche sur notre ville qui nous ramène en 2001, voire au-delà. Mais ce n’est ni le lieu, ni le moment de traiter de cette histoire. Nous sommes là, d’abord, pour évoquer le présent.

Le présent, c’est « Castres 2014 », cette union que nous construisons étape par étape depuis plusieurs mois. Pour ma part, je me suis parfaitement reconnu dans l’invitation lancée sur son blog par Jean-François Gilmer, relayée par Jean-Marc Cazottes sur le site de « l’écolocastres ». J’ai moi-même participé à ce mouvement en publiant un texte intitulé : « une seule volonté, la Gauche ». Je suis depuis longtemps convaincu – je l’ai exprimé à maintes reprises –qu’il nous faut prendre le temps de construire cette unité. Chacun le sait bien : nous ne sommes pas d’accord sur tout. Le projet d’autoroute Castres-Toulouse est par exemple un sujet de débats entre nous. Mais au moins prenons-nous le temps de débattre. Au moins nous nous efforçons de confronter nos points de vue parfois opposés. C’est la seule méthode possible. La seule à même de nous permettre, le moment venu, d’élaborer des positions communes. C’est la seule voie pour construire l’avenir.

L’avenir, c’est demain, c’est Castres demain. J’avais proposé aux participants de « Castres 2014 » de donner à notre groupe le nom de « Castres demain ». Car c’est bien de cela dont il s’agit : construire un projet commun et une liste commune, certes. Mais avec l’ambition d’inventer l’avenir de Castres pour les années à venir. Ce n’est pas rien comme ambition ! Cette invention passe par le renouvellement des idées et des personnes, par notre capacité à faire venir à la politique des femmes et des hommes qui, pour l’instant, s’en tiennent à l’écart, mais qui attendent un signe fort de notre part pour entrer dans l’action. Aujourd’hui, nous envoyons ce signe fort.

Pour conclure, je dirais que nul ne sait si nous serons en mesure de l’emporter dans deux ans. Mais la déception ne naîtra pas de notre éventuel échec. Nous décevrons si nous ne faisons pas l’union, nous décevrons si nous ne nous mettons pas en situation de gagner.

Nous construisons ensemble pour gagner, et soyez assurés qu’Europe Écologie – les Verts tiendra toute sa place dans cette construction.