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COP25 : dix ans pour inverser la tendance

Europe Écologie Les Verts appelle à un sursaut des nations lors de la COP25, pour qu’elles adoptent les objectifs et les mesures nécessaires pour infléchir la trajectoire actuelle qui nous mène, si les pays s’en tiennent aux engagements pris dans l’Accord de Paris de 2015, à un réchauffement moyen supérieur à 3 degrés à la fin du siècle. Trois degrés, ce serait l’avènement d’un monde hostile, aux conditions de vie insupportables pour la majorité des êtres humains : évènements climatiques violents, insécurité alimentaire, zones habitables englouties sous la montée des eaux …

Europe Écologie Les Verts appelle donc à la responsabilité des nations, et en premier lieu de la France, pour :

– rehausser les objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 degrés à horizon 2100, ce qui implique des mesures ambitieuses et rapides pour diminuer de 55 % les émissions globales de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2030. Si 68 pays se sont engagés à revoir à la hausse leur objectif, ce n’est pas encore le cas de la Chine, de l’Inde ou de l’Union Européenne, qui devrait, pour sa part, augmenter son objectif de réduction de 40 % en 2030 à 65 % pour s’inscrire dans une trajectoire responsable ;

– traduire les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre en politiques publiques concrètes, faute de quoi, ces engagements ne sauraient être tenus comme c’est le cas en France, qui a dépassé, en 2018, de 4,5 % son objectif d’émissions de GES ;

– assurer une transition juste et inclusive, qui accompagne la mutation écologique des secteurs et des régions impactées et qui rende accessible la consommation écologique à toutes et tous, notamment par la fiscalité écologique ;

– respecter les engagements de solidarité pris vis-à-vis des pays du Sud, non seulement pour l’atténuation et l’adaptation au travers du Fonds Vert pour le Climat – qui doit atteindre 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 – , mais aussi pour la réparation des pertes et dommages, certes reconnus par l’article 8 de l’Accord de Paris, mais n’ouvrant droit à ce jour à aucune indemnisation, alors même que le coût de la réparation suite aux évènements climatiques violents est estimée à 50 milliards de dollars d’ici 2022 ;

– réformer les règles des marchés carbone, qui permettent aujourd’hui de contourner les objectifs de réduction des émissions de GES : exclure les réductions de GES antérieures à 2020, interdire le financement de projets ne respectant pas les droits humains et la biodiversité (comme le barrage de Barro Blanco au Panama), et supprimer la double comptabilisation des quotas d’émissions échangés.

Europe Écologie Les Verts appelle donc les pays, et tout particulièrement ceux du G20, à prendre leurs responsabilités, à faire aboutir les négociations sur ces enjeux majeurs, pour acter en 2020 à Glasgow une feuille de route concrète à la hauteur du défi climatique et des attentes de ceux qui, aujourd’hui comme hier, marchent pour le climat.

L’enjeu : préserver un monde vivable pour l’humanité.

Alain Coulombel et Éva Sas, porte-paroles

Voir en ligne : sur le site national d’EELV

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