ECOLOGIE

Bataille climatique : les gagnants et les perdants.

C’est un fait maintenant avéré, les politiques climatiques ont un effet globalement positif sur l’emploi. L’ensemble des études qui se sont penché sur le sujet , celles des ONG (WWF, Amis de la Terre), comme celles de l’Union Européenne et de la Confédération européenne des syndicats, l’ont confirmé. Mais certains secteurs ne sortiront pas gagnants de la bataille engagée contre le changement climatique. Quels sont ceux les plus menacés et combien de salariés risquent d’être concernés ? Quels dispositifs mettre en œuvre pour accompagner ces mutations ? Analyse.

Du Paquet Climat Energie en Europe aux lois Grenelle en France, les premières mesures d’une conversion écologique de l’économie sont timidement mises en place. Mais si nous voulons contenir l’augmentation de la température moyenne en dessous de 2 degrés, il faudra aller plus loin et plus vite, et engager un véritable changement de modèle économique.

Cette mutation s’accompagne de la création nette de centaines de milliers d’emplois - 500 000 estimés en France, 5 millions estimés en Europe - grâce au cumul de trois éléments : le passage de grandes entités de production centralisées à de petites unités locales (par exemple, panneaux solaires au lieu de mégacentrales thermiques ou nucléaires), la conversion d’une économie de biens à une économie de services plus consommatrice de main d’œuvre (par exemple transports en commun au lieu de l’achat d’un véhicule individuel), le remplacement d’intrants ou de capital par du travail dans le processus de production (par exemple dans l’agriculture biologique, le travail manuel remplace pour partie les pesticides et les engrais chimiques).

Mais le changement de modèle que nous devons opérer va aussi détruire des milliers d’emplois dans certaines activités. Les filières fossiles et nucléaires, l’industrie automobile, la sidérurgie, ne pourront pas faire vivre demain comme aujourd’hui des millions de travailleurs. Changement climatique et politiques environnementales vont ainsi entrainer une nouvelle répartition de l’emploi. Entre régions comme entre secteurs. La répartition géographique du tourisme évoluera profondément avec le réchauffement moyen, ouvrant de nouvelles opportunités pour les zones moins chaudes. Les secteurs primaires (forêt, pêche, agriculture) et secondaires (industrie) seront pénalisés au profit des services et du bâtiment.

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