IDEES

Badinter : « Je sais tout ce que la France doit à l’Europe »

Libération du 27 décembre 2013

INTERVIEW / Père de l’abolition de la peine de mort, l’ancien garde des Sceaux reste plus que jamais vigilant sur le grand combat de sa vie : les droits fondamentaux des individus.

La République est-elle en danger ? C’est le sentiment d’un collectif spontané de républicains (des organisations de jeunesse de gauche, du centre et du gaullisme social) qui, début décembre à Paris, a tenté de mobiliser les Français dans une Marche des républicains contre le racisme, le sexisme, l’antisémitisme, l’homophobie, bref les discriminations en général. A l’origine de cette initiative, Loreleï Mirot, 23 ans, étudiante à Sciences-Po. Elle explique. « Tout a commencé le 11 novembre lorsque Hollande s’est fait huer lors des commémorations de la Grande Guerre. Peu de temps avant, Christiane Taubira s’était fait injurier, Jean-François Copé avait fait les frais d’insultes antisémites, des propos homophobes avaient fusé au cours du débat sur le mariage pour tous. » La manifestation a peiné à rassembler les foules. Mais l’opinion n’en demeure pas moins ébranlée par un climat affligeant. Comme si, soudain, la coupe était pleine. Et les valeurs républicaines tellement mises à l’épreuve qu’elles mériteraient une réaction massive des Français. Ex-garde des Sceaux, Robert Badinter, 85 ans, veut garder la tête froide et refuse de voir là les « symptômes du mal généralisé ». Il sait ce que le droit signifie, il connaît le sens des lois. Il sait aussi ce que l’on peut ressentir face à un tel tourbillon d’invectives, parfois de haine.

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