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CASTRES / Arrêté anti-skate : le débat du conseil municipal qu’on vous cache.

Il y avait une certaine tension mardi soir au démarrage du conseil municipal. L’arrêté anti skate était dans toutes les têtes : 4 jeunes de 13 ans conduits au poste pour avoir enfreint la loi sur leur petites planches à roulettes, il y avait de quoi s’indigner et demander des comptes aux responsables. Le maire, premier magistrat de la ville, signataire dudit arrêté, qui lâche dans la presse, les fonctionnaires de la ville, c’est en effet choquant. Des fonctionnaires, qui, par la voix de leur représentant syndical, font connaître leur colère, au point de menacer de se mettre en grève : c’est peu commun. Un maire qui rétropédale, sentant que son manque de respect envers sa police municipale et ses méthodes autocratiques passent mal auprès de la population : on aimerait qu’il soit questionné plus avant. Le président de l’association Castres à Gauche Vraiment qui demande l’abrogation de l’arrêté dans la presse, avec 5 représentants au conseil municipal : on s’attend à ce que le fond politique et idéologique de cet arrêté soit creusé. L’agent déclencheur de tout cela, l’adjoint à la sécurité M Audouy, qui allait pouvoir expliquer en quoi mobiliser des policiers municipaux pendant plus de deux heures et la police nationale ensuite, était essentiel à ladite sécurité : il y avait une certaine impatience à l’entendre justifier l’injustifiable. Et l’avis de tous les silencieux du conseil municipal, les « modérés » de droite, qu’on entend de temps en temps non pour lire une délibération, ceux qui pensent qu’une ville n’est ni de droite ni de gauche (donc de droite) et qu’il faut gérer au consensus républicain, acceptent-ils qu’on traite les jeunes de la ville de la même façon que ces jeunes soient skaters ou trafiquants de drogue ? : on attendait leur plaidoyer en faveur de la tolérance. Rien de ces échanges vifs n’a filtré dans la presse. Rien du malaise du maire n’a été relaté sur les blogs, et il en est pourtant de vibrionnants. Pourquoi ce silence ? Les adeptes de la théorie du complot seront bien déçus, car c’est tout simplement le mot skate qui n’a pas été prononcé lors du conseil municipal. Le sujet n’a pas été mis en débat, aucun des membres des groupes d’opposition (forcément) n’ayant jugé utile d’interroger le maire et les conseillers de sa majorité sur cet arrêté et sur ses conséquences. Comment l’expliquer ? Peut-être en rappelant que le travail en solitaire n’est pas le plus efficace, ce qui n’est pas une nouveauté.