IDEES

Libération du mardi 2 juillet2019

Après Michel Serres, le « contrat naturel » continue

Par Ioan Negrutiu, biologiste, professeur émérite, directeur de l’Institut Michel-Serres à l’ENS-Lyon , François Collart Dutilleul , juriste, professeur émérite, Centre Lascaux sur les transitions (Celt), membre correspondant de l’Académie d’agriculture de France et Patrick Degeorges, philosophe, Institut des systèmes complexes IXXI, ENS-Lyon

« Nous dépendons de ce qui dépend de nous » : le philosophe, disparu il y a un mois, avait réactualisé le « contrat social » à notre époque, secouée par de graves bouleversements environnementaux.

Tribune. C’est l’effet de Serres : le philosophe a réédité le Contrat naturel à 88 ans (1). Ce livre à la main lors d’une de ses dernières apparitions à la télévision, Michel Serres nous laisse-t-il un testament philosophique ? Oui, car il pensait que nous ne savons pas évaluer ce qui nous attache à la Terre. C’est pourquoi les destructions des milieux naturels s’accélèrent et l’appropriation économique de la nature est justifiée au nom même des informations et des alertes scientifiques sur les risques d’effondrement qui se banalisent.

« Qui va donc défendre les pauvres et notre habitat commun ? » dit Michel Serres. Et donc comment (re)faire société aujourd’hui ? Comment appréhender la portée de nombreuses initiatives et propositions (dont le puzzle des Objectifs de développement durable) et rendre les nécessaires transformations sociétales souhaitables ? Il y a d’abord besoin de les inscrire dans un grand récit, de raconter une histoire que nous avons oubliée. Le « contrat naturel » est ce cadre de pensée d’une nouvelle coexistence avec la Terre permettant de renouer intérieurement avec le vivant pour agir avec lui dans une relation d’épanouissement réciproque.

Cette relation de réciprocité signifie [ ... lire la suite]

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